Qu’est-ce que la xylographie ?

La xylographie (xylo, bois et graphie, écrire), précède, entre le  14è au 16è s., la typographie et l’imprimerie. Elle permet de reproduire sur une surface plane, comme le tissu et le bois, puis le papier, des copies exactes de l’original. Ce procédé est beaucoup plus fiable que la copie manuelle.

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Le 8è s. chinois, fin de la dynastie Tang, prouve par quelques ouvrages imprimés en 770 que la Chine en est l’inventeur. Après avoir  minutieusement choisi un bois adéquat*, pratiqué l’esquisse du dessin à graver avec un couteau, la coupe du bois nécessite encore un couteau, ou  un burin pour le buis très dur. On affine ensuite à la gouge.

Dans le relief ainsi creusé, de l’encre est répartie avant de presser régulièrement et très fortement sur la pièce de bois  un tissu ou une feuille de papier. Cela donnera  l’estampe orientale.

Les premières impressions se font en noir mais par la suite la couleur est appliquée à la main ; s'il y en a plusieurs, elles sont apportées l'une après l'autre, sauf si l'on utilise la technique du pochoir**.

Image : plume-et-papier.com

Les Cavaliers de l'Apocalypse. 1496

d' Albrecht Dürer.

On ne grave pas toujours un dessin. Quand il s'agit d'un texte, les dominotiers taillent dans le bois les lettres de la page à imprimer mais les formes sont irrégulières et le résultat parfois décevant. Cela ne les empêche pas de  créer de   multiples impressions sur différents supports.

Plus tard,  opportunistes, les cartiers, s’approprient les cartes à jouer dont les motifs emblématiques signent leur époque. Ci-dessous, les emblèmes seraient d'origine française :

Le pique est la pointe de la hallebarde.

Le cœur, la pointe de l’arbalète.

Le carreau est le fer de lance.

Le trèfle, la garde de l’épée.

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On suppose qu’aux 12è ou 13è s. c'est la Chine qui serait à l’origine des cartes à jouer mais aucune n’a été retrouvée à ce jour.

Quant à l'Europe, à cette même époque, elle  ignore tout.

Dans les Cours royales, quelques jeux de tarots miniatures sont utilisés. C'est notamment le cas à la Cour de Flandres au 15è siècle. Ils sont faits à la main mais lorsque la xylographie permet leur multiplication, devenant plus abordables financièrement, on les retrouve plus souvent. Ils se multiplient, dans les milieux aisés évidemment.

La xylographie est détrônée au 17è s. par la gravure sur cuivre au burin, beaucoup plus fine. Arrive enfin   la lithographie inventée par un allemand à la fin du 18è s. Elle consiste à reproduire sur papier, en de nombreux exemplaires, un dessin à l’encre ou au crayon sur une pierre calcaire. (lithos signifie pierre).

Ce sont les colporteurs qui, dans les siècles passés,  diffusent les gravures dont beaucoup sont d’inspiration religieuse. Ils sont concurrencés par les « montreurs d’ymages » qui, comme leurs collègues « montreurs d’ours » ont un certain succès dans la population pauvre.

A la fin du 19è siècle, la pyrogravure voit le jour, idée initiée  par la cautérisation des plaies par le Docteur Paquelin. Un fer à graver, muni d'une pointe chauffée au rouge, dessine et grave un dessin, ou des signes, sur une surface qui n'est plus nécessairement plane. 

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Image : wikipedia;fr

Image : wikipedia.fr

  Vautour pyrogravé sur bois.la

* Hêtre, poirier, noyer en Europe et cerisier exclusivement au Japon. La Chine utilise souvent du buis taillé à la gouge.

** La technique au pochoir consiste à colorier uniquement à l'intérieur des  découpes du dessin, souvent effecuté sur une feuille de plastique, posé sur le support qu'il soit en bois, tissu ou papier.

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Gabarit de lettres.

Pochoir de gabarit de lettres.

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La Chine produit des billets de  banque en tissu végétal en 1260,  mais il est fort à parier qu'elle utilise la xylographie depuis déjà longtemps.

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 Gravure sur bois et son billet imprimé.

Dynastie Yuan - 1287.

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