L'arc-en-ciel.

 L’arc-en-ciel.

Un arc-en-ciel est dans certaines religions considéré comme un signe d'alliance et d'apaisement.

L'apparition d'un arc-en-ciel est toujours vécue, mais pourquoi, comme  un moment agréable et paisible, sinon émerveillé. Pourtant phénomène physique banal puisqu'il s'agit  seulement de la  réfraction*  de la lumière des rayons solaires dans les gouttelettes d'eau en suspension dans l'atmosphère. Condition indispensable pour qu'il se produise, toujours face au soleil, dans un ciel où les vents sont faibles.

Si nous sommes émerveillés nous ignorons souvent que nous n'en voyons que la moitié ... car l'arc-en-ciel est en réalité un cercle. Celui-ci n'est visible que d'une hauteur, dégageant du regard tous les obstacles d'une ville, par exemple. De même, l'horizon constitue un barrage et coupe le cercle en deux.

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Photo de Lukas Moesch - Norvège septembre 2022

Photo de Lukas Moesch - Norvège sept. 2022

Image : futura-sciences.

L'idéal est de se trouver en hauteur, au sommet d'une montagne, en avion ou en hélicoptère. Ce qui fait que voir un arc-en-ciel entier est rare.
Par contre, il n'est  pas rare de le voir double ou triple, bien qu'il le soit toujours ... mais l'intensité du second et du troisième est parfois si faible qu'il en est presque  invisible !

Le second est deux fois plus grand que le premier dont il est séparé par une bande sombre parce que peu de rayons solaires peuvent passer.

Il est intéressant de noter que les couleurs de ces arcs, doubles ou triples, sont inversées par rapport au premier !

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 Image : futura

Image : futura-sciences.com

Sur le premier, le bleu est à l'intérieur et le rouge à l'extérieur ce qui est l'inverse sur le second tandis que les couleurs du troisième sont disposées comme sur le premier.  La lumière solaire subit une double réfraction,  sous deux angles différents* et c'est ce qui diminue la luminosité du second. 

En Orient, si l'on a la chance de voir un arc double, on considère qu'on sera gâté par la chance qui favorisera une transformation positive de la personne : matérielle, grâce au premier arc et spirituelle avec le second.

L’arc peut être blanc.

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Photo de Pascal Barthel - Sur les hauteurs de Grundelburg

Sur les hauteurs de Grendelbruch.

Photo de Pascal Barthel. Image : 2dna.fr/

Pour cela, il faut que les gouttelettes soient beaucoup plus petites, aussi microscopiques que  celles du brouillard, du célèbre fog londonien. 

* La réfraction de la lumière dans un milieu hétérogène est incurvée. Elle se fait sous un angle de 40° pour le premier et 50° arc.

La réflexion se fait un ligne droite si le milieu est homogène.

De  nuit, lorsque sous la lune apparaît un arc-en-ciel, c'est l'étonnement le plus complet.

Voir brève sur Hawaï :  https://blogmfa.fr/fr/breve/arc-en-ciel-sur-Hawa%C3%AF

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La Nature est vivante ...

 

La Nature est vivante ...   

Oui. La "nature" est vivante.

La "nature" est un "ensemble" qui vit intensément  parce que soumis à changements et modifications multiples ... donc en évolution constante pour une adaptation permanente et une survie instinctive ! 

La nature est comme les organes du corps humain  qui influent les uns sur les autres, s'usent avec l'âge et s'éteignent pour devenir "poussière" organique ... et réintégrer la "nature", le cosmos, engendrer une nouvelle forme de vie .... etc ...

La nature n'est pas statique. Figée dans un état immuable. Eternel. Bien au contraire ! Chaque composant, chaque élément, quelle que soit sa taille, oeuvre pour la maintenir en équilibre "vital". Le ver de terre creuse, aère le sol qui se nourrit ainsi d'air,  d'oxygène, d'humidité, de photosynthèse .... et se fait productif, alimente d'autres êtres vivants ... Cycle millénaire ... utile. Indispensable.

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Lombric
Image : francetvinfo.fr

La Nature est composée d’êtres vivants. Etres vivants de la faune, êtres vivants de la flore. En surface, en profondeur. Parfois invisibles. Les humains en sont-ils vraiment différents ? Certainement pas.

Etre en empathie avec la Nature nous la fait mieux connaître du seul fait que nous nous en sentons physiquement, intellectuellement, spirituellement partie totalement, irrémédiablement intégrée, indissociable.

Etre en empathie devrait nous amener à avoir un comportement intelligent,  responsable afin de ne pas altérer son fonctionnement, son équilibre, ses ressources sans lesquelles l'être vivant ne peut survivre.

La conséquence ultime ? Engendrer sa destruction et celle de tout le système qu'elle sait si bien gérer ! L'organisation  de la vie.

Et pourtant, l'humain dispose de la pensée*, de la parole ! Hélas ... c'est de là que le malheur arrive ... 

Les humains sont-ils réellement les seuls à penser ? Ils sont les seuls à le croire. Les seuls  à déséquilibrer la Nature. Profit. Appât du gain. Egoïsme. Deni.

Les êtres vivants, non qualifiés d'humains, tout en constituant une société spécifique à chaque espèce, vivent en symbiose avec les autres sociétés. Cette symbiose  assure l'équilibre particulier et commun. 

L'interconnexion de chaque espèce avec l'environnement, avec  chacune des autres espèces et de toutes ensemble, l'interconnexion entre leurs affinités et leur  mode de vie, assurent la pérennité de  vie grâce au  dynamisme engendré à travers l'environnement : l'air, l'invisible, les astres, le cosmos .... l'univers ...

Par contre, l'amibe, être unicellulaire le plus élémentaire dans la chaine vivante n'attend rien du soleil ou des astres.  Elle sait qu'elle doit  chercher sa nourriture dans l'eau ... mais tout n'est-il pas lié ?

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Amibe, être vivant unicellulaire.
Amibe, être vivant unicellulaire.

Quels sont les liens entre l'homme et la Nature avant la connaissance ?

 In illo tempore ... En ce temps là ... bien avant que la science ne découvre l'infiniment petit, l'homme, qui ne sait rien, éprouve déjà   crainte et respect pour la Nature. Il  assimile chaque élément à ce qu'il  connaît : un autre humain, homme ou femme, qui a certainement des pouvoirs sur-humains qu'il ne possède pas lui-même.

Des divinités avec qui il doit être agréable pour qu'elles lui soient favorables et protectrices.

Si les éléments, souvent terrifiants, comme le vent, le tonnerre, la mer ... sont des divinités mâles, la terre est souvent une femme par analogie avec la vie donnée par la mère.

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Gaïa, déesse de la terre.
Image : geoconfluences.ens-lyon.fr

Gaïa, déesse de la mythologie grecque. 

Geb, dieu égyptien y fait exception. Dieu de la terre, de la végétation et des minéraux, allongé sur le sol, il se prosterne et vénère la terre nourricière.

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Geb, dieu de la terre, allongé sur le sol.

 

* On veut croire, comme on l'a toujours fait, que seul l'homme est capable de penser. Qui peut le prouver ? Un animal ne pourrait-il avoir une autre forme de pensée que nous ignorons, (ou voulons ignorer du fait de notre supériorité légendaire)  et qui se traduirait autrement que par la parole ?  Le regard de certains animaux n'est-il pas troublant ?

Le   Gaulois parisii  a toujours été en symbiose avec la Nature dont la végétation était foisonnante sur son territoire traversé par la rivière sacrée, Sequana, la Seine.

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La Seine, les Parisis et les Druides.

 

La Seine, les Parisis* et les Druides.

Sur la rive droite, marécageuse, la bourgade habitée de Celtes mâtinés de Gaulois, vit de chasse, de cueillette et de pèche. Malgré quelques bagarres, le Gaulois a le sang chaud, la population vit  sa mixité aussi bien que possible.

Comment ?

Des prêtres, appelés druides - Les Très Sages - sont omniprésents dans la vie quotidienne. Le Gaulois a le sang chaud ! Les druides arbitrent les différends avec fermeté, sagesse et justice car, les conflits ne manquent pas. Garants de la cohésion sociale. 

A la maison, leur pouvoir est renforcé par les Dieux Lares - protecteurs du foyer - réunis dans le Laraire, temple miniature présent dans chaque famille gauloise et posé bien évidence.

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Laraire de Rezé
Image : ressources-educatives-gpla.loire-atlantique.fr

Ci-dessus : Restes d'un laraire retrouvé dans une petite niche, en 1863, à Rézé, l'ancienne Ratatium gallo-romaine. A l'époque, ancienne cave d'un potier.

Regardez les enfants assis par terre.
 

Ils répètent tous ensemble. Ils récitent une  leçon comme le font de nos jours les petits africains qui psalmodient les versets du Coran. Ils apprennent – sans jamais écrire. Les prêtes connaissent l’écriture et notamment l’écriture grecque mais ils estiment que la parole fixée est morte. Détenir un savoir inaccessible aux non initiés conforte leur pouvoir ! Un druide  apprend aussi aux plus petits qu’ils ont tous le même Père, Dis-Pater, dieu du soleil, de la mort et de la nuit. Il préside à la métempsychose. On le représente avec  une roue enflammée.

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Dis Pater
Dis Pater gaulois.

Plus loin, sous un arbre,

nous apercevons d’autres Druides. 

Ils soignent des malades par phytothérapie car ils ont une très grande connaissance des plantes et concoctent des potions, toujours magiques. Magiques parce qu’ils  en gardent jalousement le secret !

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le gui
Image : jardinet.fr

La nature est si exubérante et si bien respectée que toutes les variétés (dont bon nombre a aujourd’hui disparu) foisonnent. Aucun pesticide n’en altère qualité et  efficacité. Une vraie manne de santé à laquelle s’ajoute le gui, parasite porté par les chênes, et dont la cueillette est effectuée uniquement par un druide tant il est sacré.

On utilise le gui en prévention des crises d’épilepsie. Ne poussant qu’en hauteur et sans jamais toucher terre, le gui empêche donc l’épileptique de   tomber  lors d’une crise ! Référence donc  à la Théorie des signatures qui repose sur le fait que telle plante, de telle forme, telle couleur ou particularité, évoque plus ou moins un organe du corps humain. Elle doit donc tout naturellement soigner ce même organe lorsqu’il est malade.

On comprend alors mieux la sacralité qui s’attache au gui quand on constate qu’en plus, ses baies blanches contiennent une substance laiteuse. Il n’en faut pas plus pour que celle-ci guérisse la stérilité masculine ! Toujours l’évocation symbolique !

Les Parisis,  sont une tribu gauloise qui vit sur un vaste territoire sur lequel sera construit Paris.   Leur chef Camulogène est soumis, malgré lui, à la présence romaine en -51 avant J.C., par le Général romain Labienus.


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Qui sont les Kurdes ?

 

Qui sont les Kurdes ?

Les Kurdes sont un immense groupe ethnique qui  représente 35 millions de personnes sans patrie véritable officielle. Actuellement, ils sont en majorité répartis, dispersés et victimes des  dictats politiques entre 4 pays frontaliers : la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie. Mais ils sont aussi présents en Arménie,  Azerbaïdjan, Géorgie et Turkménistan, Liban  et  Afghanistan sans compter  les pays européens et l’Australie. 

Des 4 pays concernés, seuls deux leur reconnaissent officiellement une « Région » (à défaut d'Etat) : l’Irak et la Région Autonome du Kurdistan ainsi que l’Iran et la Province du Kurdistan.

Turquie, Syrie, Iran et Irak ne se comportent qu’en potentiels "propriétaires" du territoire kurdistan que chacun considère comme propriété légitime après l’avoir dépecé et annexé suite à la Première Guerre Mondiale. Tous les quatre sont évidemment de farouches adversaires à l’existence et la reconnaissance d’un authentique Etat kurde.

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Image : institutkurde.org
Image : institutkurde.org

Image : institutkurde.org

De religion majoritairement sunnite et tolérants des autres croyances,  les Kurdes parlent de nombreux dialectes tous issus de leur langue originelle iranienne. Ils sont très proches de la culture occidentale et montrent une grande égalité entre les deux sexes,  reconnaissant indifféremment, depuis toujours, les mêmes tâches aux hommes ou aux femmes.

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Armée kurde.

Image : bienpublic.com/actualites/2019

YPJ - Milice kurde,

"Unité de défense de la femme".

Cette égalité homme-femme a créé une solidarité et une entraide naturelles parfaitement illustrées dans la lutte commune contre Daech,  la mixité augmentant la force et la capacité de résultats positifs des armées kurdes.

La richesse des coutumes et du folklore kurdes  est due à l’impressionnante diversité des groupes et de leurs lieux de vie. A travers les chants, les contes mythologiques emplis de chimères et d’animaux extraordinaires, ils se sont transmis des enseignements éducatifs et religieux, des modes de survie intelligente ou rusée* qui furent vraisemblablement d'une grande aide pour leur survie.

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Image :

  Image : kurdishinstitut.be

Semaine culturelle kurde à Bruxelles.

De source sûre, la culture kurde, très vivante jadis dans le Kurdistan montagneux, remonte au 6è millénaire avant J.C. Elle subit une très longue série d’invasions de tous les peuples de la région avant que Turcs, Arabes, Mongols, Français et Britanniques n'  oppriment les tribus sans jamais les expulser.

Depuis 1980, la lutte entre le PKK (Parti des Travailleurs Kurdes) et la Turquie ainsi que les exactions de toutes sortes contre les populations ne cessent d’être dénoncées par les ONG. Sans résultat puisque les Kurdes sont déclarés par l’actuel Président comme n’ayant officiellement pas les mêmes droits que la population turque.

Le Grand Kurdistan, rêve national kurde, aura bien du mal à s'imposer tant les enjeux sont gigantesques et les pays voisins fermement opposés à son existence. 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d8/1946_Kurdistan_et_groupements_Kurdes_isol%C3%A9s_%28margins_cropped%29.jpg/220px-1946_Kurdistan_et_groupements_Kurdes_isol%C3%A9s_%28margins_cropped%29.jpgImage : wikimonia.org

Idée du « Grand Kurdistan »  

légitimement revendiqué à  la fin du 19è s.

à la chute de l’Empire ottoman.

* Le renard est très souvent représenté dans les contes kurdes.

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La vie mouvementée avant le lycée Henri IV.

 

 La vie mouvementée avant le

Lycée Henri IV.

Lors de notre promenade dans le Paris mythique, nous sommes arrivés sur le Carré Sainte- Geneviève, ainsi qu’on le nomme au moyen-âge.Revenons au temps passé.

A l’emplacement du lycée Henri IV, la basilique mérovingienne  de Clovis,  édifiée au 6è s., et où Sainte-Geneviève est inhumée, est entretenue par des abbés, mais  dévastée  par l’une des nombreuses invasions de Vikings* quelques siècles plus tard.  Sur les ruines, est bâtie une abbaye appartenant à l'ordre de  Cluny. Au 18è s., sur ordre royal de Louis 15, une église monumentale comportant une vaste crypte, est construite par Soufflot à l'extrémité du terrain des abbés.

Elle est devenue le Panthéon de Paris.

De l'ancienne église abbatiale démolie au début du 19è s. pour percer la rue Clovis, est conservé le clocher, la Tour Clovis.  Les anciens bâtiments conventuels des 16è et 17è s. abritent le Lycée Henri IV.

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Abbaye au 18è s.
Abbaye au 18è s.
Image : cosmovisions.com

 Revenons au temps passé.

Devant nous ... l’abbaye ... les moines bénédictins, livrés à la débauche et aux facéties de mauvais goût  (que des lettrines de manuscrits illustrent sans gêne), sont remplacés au 12è s. par des chanoines séculiers qui ont pour mission de veiller sur la châsse de Geneviève. 

Cette châsse a été commandée à l’orfèvre Eloi par le Roi Dagobert au 8è s. Elle est déposée dans l’église abbatiale. A la Révolution, la châsse est fondue, les restes du corps sont brûlés et les cendres dispersées dans la Seine. Au 19è s., une seconde châsse lui est offerte, dans laquelle on place un fragment** retrouvé du tombeau d’origine.   

Dès que la muraille de Philippe Auguste est érigée, au tout début du 13è siècle, elle isole l’abbaye du cœur de la capitale. Les chanoines érigent des murs, incluant habilement dans leur enclos les habitants afin qu’ils les protègent. C’est le Bourg Sainte-Geneviève, capable de vivre en autarcie de par son élevage et ses cultures.

L’abbaye s'entoure de services économiques qui se renforcent avec l’aménagement du bourg lorsque la muraille les isole de la ville. Fermes, écuries, étables, maisons d’habitation, vergers, cultures maraîchères, vignes, moulins. Le  bourg est clos, les temps sont toujours incertains mais cela ne l’empêche pas  de devenir vite florissant.

L’enseignement né dans le Chapitre Notre-Dame s’étend  sur le rive gauche au Clos de Laas (place Saint André des Arts et rue au Fouarre ou rue au foin) et ne tarde pas à gagner l’abbaye. Là,  s’illustre un certain Abélard, bien connu pour ses amours coupables avec Héloïse qu’il épouse et enferme dans un couvent après avoir été honni et châtré.

… La colline se peuple  et retentit d’étudiants et de maîtres mais l’église abbatiale se fait exiguë. Des turbulences procédurières caractéristiques de l’abbaye, connue pour ses multiples frasques, repoussent à 1517 la construction de Saint Etienne du Mont, destinée à jouer le rôle d’église de quartier.

L’abbaye, qui n’a de compte à rendre qu’au pape, vit d’une manière assez particulière ! Au Moyen-âge, ferveur et lubricité font assez bon ménage ! Les abbés se livrent à des farces grossières et déplacées qui nuisent fortement à leur bonne réputation. Forte de son indépendance vis à vis du chapitre Notre-Dame, tout comme de la puissance royale, l’abbaye “s’anonchalisse dans les délices”, comme l’écrit savoureusement un chroniqueur de l’époque. Les désordres les plus grands y règnent. L’un d’eux, et non des moindres, fait scandale avec raison !

Le pape Eugène III est en visite à Paris. Il souhaite dire une messe dans l’église qui abrite les restes de la Sainte Femme protectrice de la ville. Rien de plus légitime. D’autant que l’abbaye détentrice de la chasse est sous sa seule autorité !

Sa suite lui installe un prie-Dieu recouvert d’un riche tapis afin qu’il puisse se recueillir confortablement. A la fin de la cérémonie, le pape sort de l’église. A peine est-il  sur le parvis, que les abbés subtilisent le tapis avec une vélocité idiote. Les gens du pape tentent de le reprendre au cours d’une bagarre qui fait tant de bruit que le pape, et le roi Louis VII qui l’accompagne, se retournent intrigués. Le roi entre dans une colère noire. Il tente de séparer les belligérants et reçoit un coup malencontreux.

Le scandale est à son comble. La honte du roi, également.

Immédiatement, le pape décide de réformer l’abbaye et d’en confier la charge à Suger***. Les abbés sont expulsés ...  

Malgré leur inconduite, ils ne se tiennent pas pour vaincus. Ils se rendent à Rome, se plaignent et supplient le pape de revenir sur sa décision. Qu’à cela ne tienne, douze chanoines de l’abbaye Saint Victor, fondée en 1108 par Guillaume de Champeaux, ami puis adversaire d’Abélard, prennent possession des lieux. Un Prieur dirige la communauté, vite remplacé par un certain Aubert sous la  direction duquel éclate un second scandale.

Nous sommes en 1161.  

Le bruit court dans tout Paris que la tête de Geneviève a disparu du cercueil enfermé dans la châsse. Louis VII s’insurge. Il n’a aucune confiance en cette abbaye à problèmes. Par mesure de méfiance bien légitime, il fait  poser en hâte des scellés sur la châsse de crainte qu’une nouvelle tête n’y soit introduite. A la date prévue pour vérifier l’accusation portée par les abbés, l’église abbatiale est bondée de fidèles. Les uns armés de pierres, les autres de gourdins, ils ont tous la ferme intention de régler leur compte à ces gardiens peu scrupuleux du bien sacré.

Avec solennité, on ouvre la châsse où la vraie tête de Geneviève n’a pas bougé. Elle porte même autour du cou la pièce gravée d’une croix que l’évêque Germain lui avait donnée étant enfant.

La farce est si énorme que cette fois-ci c’en est trop. Le discrédit est total et définitif !

  * L’arrivée des redoutables Normands sur leurs bateaux à tête de dragon, les drakkars, terrifie les abbés. Ni téméraires ni courageux, ils s’enfuient sous le prétexte de mettre la chasse de Sainte-Geneviève à l’abri dans leurs propriétés de campagne à Athis-Mons, puis à Draveil. Ils craignent qu’elle ne soit volée ou détruite mais surtout que ne s’éteigne la protection de Paris !

** N’oublions jamais qu’en raison du culte immodéré des reliques et des bienfaits attendus, celles-ci ont été multipliées de manière inconsidérée et distribuées un  peu partout. Ce qui veut dire que l’authenticité de nombre d’entre elles est souvent douteuse. Il n’y a que la foi qui sauve !

*** L’abbé Suger (1080-1151) est le  fondateur de l’abbaye de Saint-Denis. Ecclésiastique et politique.

En ces temps là, l' aventure malheureuse d'Abélard et Héloïse ne choque qu'en apparence !

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Jaisalmer, Tallinn et Carcassonne.

 

Jaisalmer, Tallinn

et

Carcassonne.

Image : evasion-online.com

Cité médiévale de Carcassonne.

Pour l'embrasement de la Cité médiévale et son célèbre feu d'artifice, Carcassonne a invité Madame Monika Haukanômme, Maire d'un arrondissment de la capitale estonienne, Tallinn, ainsi que Monsieur Chaitanya Raj Singh Bhati, Maharadjah* d'une  cité indienne très ancienne, Jaisalmer.

Image : ousetrouve.net/

Après Eggenfelden en Bavière allemande, ces deux villes sont ou seront jumelées à Carcassonne.

Image  : tripadvisor.fr/

La cité médiévale de Tallinn

En 1219, par mesure de sécurité le pouvoir local estonien s'enferme à l'intérieur de hauts murs sur la colline surplombant le port de Tallinn. Un siècle plus tard, en 1347, Tallinn est rachetée par les Chevaliers Livoniens**. Ce sont des croisés allemands venus convertir les peuples baltes encore païens. Ils y restent 600 ans et gouvernent, toujours protégés par les murs et les tours de la cité.

Les temps sont troubles

partout en Europe.

Image : routard.com/

Tallinn

C'est ainsi que se dressent l'austère cathédrale luthérienne du 14è siècle puis son élégante concurrente catholique orthodoxe et ses bulbes,  au 19è siècle, signant la prépondérance russe sur l'Estonie. Tallinn est à la hauteur du tout puissant Saint-Petersbourg, à l'extrémité est du Golfe de Finlande.

Image : passionmonde.com

Tallinn sur la mer Baltique

à l'entrée du Golfe de Finlande.

* Venu du sanscrit, maha, grand et raja, roi,  maharadjah  est un titre honorifique qui, dès le 2è s. en Inde, désigne un roi ou un empereur  (surtout utilisé aux 4è et 5è s). Les Etats de ces maharadjahs sont intégrés à l'Inde entre 1947 et 1950.

** L'Ordre des Chevaliers Livoniens naît d'un compromis qu'un légat du pape établit, en 1228, entre les trop puissants Chevaliers Porte-Glaive et l'Eglise. Afin de limiter la puissance éventuelle de ce nouvel Ordre, il est, peu après sa création, incorporé à l'Ordre des Chevaliers Teutoniques qui mènent une vie monastique.

 

Quant à la cité de Jaisalmer, elle apparaît curieusement, au soleil couchant, comme la soeur jumelle de Carcassonne dont l'impressionnant embrasement du 14 Juillet - créé il y a 124 ans - est de renommée mondiale !

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Le Chemin des Dames.

 

 

" Le chemin des Dames."

 

 

 

Image : google.fr/ attelage louiis 15

 

Lorsqu'Adelaïde et sa soeur Victoire, filles du roi Louis XV, prennent l'attelage qui les mène de Versailles à Bové (dans l'Aisne) où se trouve la propriété de la Duchesse de Narbonne, leur Dame d'honneur, c'est pour passer de délicieux moments avec la Duchesse. Loin de la capitale, elles font de longues promenades chaperonnées sur le plateau qui surplombe la vallée où se tapit un gros bourg appelé Craonne. Accompagnées de Dames de bonne compagnie, elles aiment ces longues promenades sur un chemin qui fait déjà partie de  l'Histoire. 

 

Le Chemin des Dames*.

 

Image : klablog.com/

 

Quelques siècles plus tard, sur le plateau agréablement frais en été, retentit  la musique des guinguettes dont la plus côtée se donne un style western puisqu'elle s'appelle La Californie. Ces lieux de saines réjouissances champêtres sont entourés d'un jardin botanique et d'un zoo. Le Plateau de Californie est alors l'attraction incontournable du dimanche dans la région.

 

Le Plateau de Californie est hélas toujours célèbre de nos jours en raison des journées tragiques que vivent les combattants des deux camps pendant de la Première Guerre Mondiale. Dès 1917, une vie d'enfer se déroule  dans ses entrailles et le Chemin des Dames n'a plus rien de romanesque !

 

Pour n'avoir pu stopper plusieurs avancées allemandes à l'est, l'armée française se replie en se souvenant de l'intérêt stratégique du plateau (déjà historiquement connu**). Il est alors investi dans toute sa profondeur  ... mais les Français ne sont pas seuls. Les Allemands font de même.

 

Tranchées et tunnels profonds sont creusés sur des dizaines de kilomètres. Relevés sur des plans précis. Les grottes (creutes) sont nombreuses, profondes et répertoriées. Lorsque les Allemands attaquent une première fois, le Général Nivelle est battu. Des combats se poursuivent sans relâche pendant plusieurs mois et bien qu'une partie de l'armée allemande quitte la région et se dirige vers le nord, le Chemin des Dames est à nouveau la cible d'une attaque victorieuse d'Herr General Ludendorff qui s'empare  à son tour du plateau.

 

Jusqu'en 1940, le plateau et ses tranchées retentissent d'explosions, de tirs et de cris de douleur. Le carnage est à son comble et, tout récemment, un tunnel vient d'être découvert, le tunnel de Winterberg où 250 allemands  sont figés dans la mort.

 

 

Image : google.fr

 

Tunnel de Winterberg.

Carte des tunnels allemands.

 

Image : treziers.oc.free.fr

Carte complète des tunnels des deux camps.

 

 

* Actuellement RD 18.

 

** A l'époque gauloise, les Rêmes de Reims et les Suessions de Soissons tentent de se partager le site, profitant de sa configuration stratégique exceptionnelle. Eventuellement utile !

En 57 avant J.C., ce sont les Légions romaines de Jules César qui s'y afffrontent aux Légions de la Gaule belgique.

Napoléon y rencontre l'armée de Blücher en 1814, livrant la Bataille de Craonne qui rend célèbre le Plateau.

 

 

La Grande Guerre a marqué à jamais chaque famille et a bouleversé douloureusement la vie des soldats qu'on appelle encore avec beaucoup de sympathie  " Les Poilus ". S'ils sont revenus vivants, certains n'étaient plus que des gueules cassées méritant un profond respect.

 

 

 

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Nuages noctulescents et aurores boréales

 

Nuages noctulescents

et

aurores boréales.

Image wikipedia

Nuages noctulescents sur les tourbières de Kuresoo en Estonie

Image wikipedia.org

Nuages noctulescents au-dessus d'Uppsala en Suède

Travail personnel Gofororbit

Les nuages noctulescents se forment  entre 75 et 90 kms au-dessus du niveau de la mer là où la température moyenne atteint au moins -120°C.  Ils ne peuvent être vus que si le soleil n'éclaire plus les basses couches de l'atmosphère et qu'il illumine alors les formations nuageuses, ce qui les rend extrêmement brillantes et féériques.

Dans les régions nordiques, comme celle des Orcades*, iles du nord de l'Ecosse, il arrive aussi de voir le ciel illuminé par des aurores boréales.

A condition de regarder vers le nord, écrit Amy Liptrot,  « lorsque les particules des vents solaires chargées d’électricité entrent dans l’atmosphère terrestre, elles génèrent une vive lumière qui épouse les contours des forces magnétiques de la Terre. Ces déplacements ondulatoires créent l’aspect « dansant » des aurores boréales que les Orcadiens appellent des « merry dancers ». Les Orcades  sont assez septentrionales pour nous permettre d’observer les « joyeux danseurs » .

Amy Liptrot : L’Ecart.  Ed. Globe pour la traduction française. 2018.

La terre  est protégée par des ceintures magnétiques de plusieurs centaines de kms d'épaisseur qui arrêtent fort heureusement les particules des vents solaires destructeurs de vie. Certaines particules réussissent parfois à contourner ces ceintures magnétiques et  pénêtrer par les pôles. D'où le nom d'aurore boréale (ou polaire) dans l'Arctique  et australe dans l'Antarctique.

Il peut leur falloir deux jours pour atteindre les pôles.

Lorsque se déclenche une violente  tempête  solaire,  une énorme quantité d'électrons et de protons issus du soleil est émise. A leur entrée dans l'ionosphère, ceux-ci s'entrechoquent avec les particules d'oxygène et d'azote de l'air et deviennent subitement extrêmement lumineux.

Au contact de l'oxygène apparaissent du vert ou du rouge. L'azote déclenche des tons de rose, violet, bleu et parfois aussi de  rouge. Les couleurs sont plus ou moins intenses selon l'énergie des vents solaires et l'altitude à laquelle se font les échanges.

Si la rencontre a lieu à environ 200 kms d'altitude, le vert dominera parce que l'oxygène y est plus dense que l'azote.

 

C'est ainsi qu'apparaissent de splendides voiles lumineux intensément colorés  qui ondulent dans le ciel nocturne pendant une dizaine de minutes.

Ce sont les aurores boréales ** (polaires) de l'Arctique

et

australes de l'Antarctique.

Les "merry dancers" des Orcades.

                     

Image wikipedia:l'internaute;fr

Aurore boréale en Estonie - mars 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                           

Photo de gauche :  Aurore boréale en Alaska.

Photo de droite :    Aurore boréale à Belfort (France)

Lorsque les conditions s'y prêtent, ces phénomènes sont parfois vus sous nos latitudes, comme le montre la photo ci-dessus. Aurore boréale à Belfort en France.

photofunky.net

* Les iles Orcades sont situées entre  la pointe nord écossaise et les Shetland.

Les habitants des Orcades sont généralement peu favorables à l'autonomie et encore moins à l'indépendance de l'Écosse à laquelle elles appartiennent.

 

 

 
 

 


   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

** Voici l'origine du terme boréal qui remplace souvent polaire : dans la mythologie de la Grèce antique, Borée gouvernait les vents du nord violents et glacés. Ainsi l'hémisphère nord de la planète prit le nom d'hémisphère boréal et le pôle également.

 Image : photofunky.net

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Truffe blanche, truffe noire - le Diamant Noir -

 

Truffe blanche,

 

Truffe noire

 

ou le

 

" Diamant Noir " !

                                                 

Il est un champignon souterrain connu depuis des lustres puisque l’Antiquité égyptienne, puis romaine, en parlaient déjà. Arôme et  saveur en faisaient un élément rare (et cher) de la cuisine locale.

 

Il répond actuellement au joli nom de « truffe » mais le nom de sa famille est mycelium. Le latin vulgaire de jadis parle de tufera, déformation de tufer (truffe) venant du latin classique tuber. Le 17è siècle lui donne également le sens de pomme (de terre) – tubercule !

 

L’occitan ancien le nomme bien trufa, pour désigner sa nature, mais il est si difficile de le trouver, qu’avec le temps, le sens de tromperie lui colle aux basques ! Les truffes jouent à cache-cache et se jouent longtemps de l’homme ... jusqu’à ce que le cochon et le chien se montrent plus sensibles et rapides, grâce au flair ... de leur truffe dont forme et couleur semblent analogues à ce qu’ils cherchent ! Et voilà, la boucle est bouclée ...

 

image : longuetraine.fr

 

Modeste !

 

Si le sol est calcaire, le champignon est noir. Il se développe en 9 mois, à partir du printemps. Grossit en été pour être ramassé bien mûr de novembre à décembre. Un chêne du Périgord français (mais pas seulement)  est son habitat de prédilection où germent ses spores et où ses fines ‘radicelles’ se nourrissent de la sève de l’arbre. Il vit donc en parasite.

 

image wikipedia

 

Si ce champignon pousse en Italie (région d’Alba dans le Piémont)  la truffe est blanche.

 

image : wikipedia

 

 

Noire dehors et blanche dedans, elle peut aussi l’être dans le Périgord. Elle est alors récoltée en été mais vendue beaucoup moins chère que la noire.

 

La truffe blanche, très appréciée des bédouins, doit sa naissance aux pluies sporadiques du désert. De ce fait, la récolte, effectuée au sud de la  Tunisie et de la Lybie, est aléatoire mais les sables humides des côtes méditerranéennes sont plus fertiles. 

 

Le Koweït est friand de truffe blanche et la paie très cher sur ses Marchés aux truffes particulièrement prisés dans les pays du Golfe. Cela ne l'empêche nullement de commander du Diamant Noir français en quantité. Son prix n'est pas un obstacle !

 

Le saviez-vous ?

 

L’empreinte de la truffe d’un chien identifie un animal avec autant de précision que le font nos empreintes digitales ! La truffe du chien, bien essuyée et sèche est frottée par le pouce et l'index imprégnés d'encre spéciale. Elle est ensuite pressée soigneusement sur une feuille de papier qui en recueille l'empreinte. 

 

Depuis le 1er janvier 2013, seul le Ministère de l’Agriculture a le droit de procéder à l'identification d'un chien (ou d'un chat) et ce jusqu'à 2023.

 

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Qu'est-ce qu'un charivari ?

 

 

Qu'est-ce qu'un un " charivari " ?

 

Selon le dictionnaire : vacarme, tapage, tumulte,  bruits discordants.

 

Lorsqu’on se remarie, au moyen-âge, il est d’usage d’organiser  un « charivari ». Une fête, donnée en l’honneur des   nouveaux époux qui sont passablement chahutés et au cours de laquelle  tous les excès sont  bienvenus. Beaucoup de bruit. Scènes  loufoques qui se terminent parfois de manière dramatique.

 

 

C’est ce qui arrive le 28 janvier 1393 lors du remariage d’une  Dame  d’honneur d’Isabeau de Bavière, épouse de Charles VI.

La scène se passe dans l’Hôtel de la Reine Blanche*, 17; rue des Gobelins à Paris (13è). Hommes et femmes sont déguisés afin de se livrer incognito à la débauche. Charles VI et cinq de ses  gentilshommes décident de jouer aux sauvages. Ils endossent des vêtements  recouverts de paille, d’étoupe et de plumes. Le tout collé par de la poix. Pour plus de « sauvagerie », ils s’enchainent ! La fête bat son plein.

 

 

 

Or, arrive le Duc d’Orléans, frère du roi. Il cherche à découvrir l’identité des « sauvages ».  Approche un flambeau ... hélas, trop près de l’un d’eux. Le malheureux  s’enflamme comme une torche. C’est le roi. Une de ses tantes a la présence d’esprit de l’envelopper dans ses châles et le glisser sous ses jupes pour éteindre les flammes. Un gentilhomme  ne trouve son salut qu’en se précipitant dans un baquet à vaisselle, tandis que les trois autres périssent atrocement brulés.

 

L’évènement est connu dans l’Histoire sous le nom de Bal des Ardents.

 

 

 

Image  : Le prisme-St Quentin-en-Yvelines

 

 

 

Charles VI, dont la santé mentale est déjà chancelante, ordonne  la destruction de l’Hôtel de la Reine Blanche. Dix ans plus tard.

 

Un charivari est une fête où l'on fait beaucoup de bruit. Il est différent d'un tohu bohu.

 

 

 

* Photo de l'Hostel de la Reine Blanche prise avant rénovation en 2002. Empruntée à Paris-avant.com

 

 

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