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Le mendiant.

 

 

Le mendiant.

 

 

Image : neuhauschocolates.com

 

Un petit gâteau sympathique composé de chocolat* et décoré de 4 fruits secs. Ces derniers sont jadis appelés mendiants (pour l'important apport nutritif facile à donner) depuis qu'au ...

 

 13è siècle

 

apparaissent des "frères" qui refusent de vivre tranquillement en communauté dans un monastère où ils sont à l'abri de tout et ne manquent de rien : toit, habit, nourriture ! Ils se contentent des fruits secs que leur donne la population. Ces "frères" font partie de quatre nouveaux ordres religieux décidés à cheminer pauvrement de par le pays (puis le monde) où ils prêchent la bonne parole tout en tendant la main pour quémander leur nourriture. Ils se veulent

" Ordres mendiants."

 

Et c'est la couleur de leur robe de bure qui symbolise les fruits secs ornant le fameux gâteau.

 

Brun foncé pour les Franciscains prêcheurs (la figue sèche)

Blanc pour les Dominicains prêcheurs (l'amande)

Marron pour les Carmes contemplatifs (la noix)

Noir pour les Augustins ermites (raisin de Corinthe)

 

 

Image : ballade-medieval.fr

 

Il y a aussi les  mendiants "professionnels" bien connus des Parisiens au moyen-âge et qui opèrent sélectivement sur le lieu sacré du Cimetière des Innocents où la bonne conscience ouvre sa bourse afin de gagner des indulgences quand la compassion seule ne suffit pas. Ce sont tous les malfrats et faux éclopés de la Cour des Miracles  (actuelle rue des Jeûneurs -  2è ar.) adossée à la partie nord de l'enceinte de Philippe Auguste.

 

Pendant des siècles, le mendiant est déclaré et enregistré comme vagabond. Sans toit, sans travail, sans famille. Il ne peut qu'errer. Et ce, jusqu'à ce qu'une loi de 1720 fasse l'amalgame entre les deux appelations.

 

Les siècles suivants traitent la mendicité sous différentes formes - juridiques et sociales - mais toujours abandonnée à la générosité sociale comme le montre cette déclatation officielle :

« Déclarons vagabonds et gens sans aveu ceux qui n’ont ni profession, ni métier, ni domicile certain, ni bien pour subsister, et qui ne sont avoués, et ne peuvent certifier de leurs bonnes vies et mœurs, par personnes dignes de foi ».

 

La jurisprudence tardive définit enfin ce qu'est la mendicité : « s’adresser à la charité ou à la bienfaisance, dans le but d’obtenir un secours tout à fait gratuit et pour lequel on n’offre en échange aucune contre-valeur appréciable. » 

 

Bien que l'aide sociale soit en France sans doute la meilleure au monde, le 21è s. ne résout pas la cause  du problème de ceux qui, de plus en plus nombreux, sont dans l'obligation de "mendier" pour survivre. Ce qui est légalement interdit. Mendicité, besoin d'aide ? Il faut avoir l'humilité de se diriger volontairement vers les centres d'aide ou d'être"ramassés" par les maraudes.

On qualifie pudiquement une telle situation de précarité. Précarité, épisodique ou permanente, où la fierté et la honte retiennent de poser à terre un gobelet puisque tendre la main est interdit ! C'est cette précarité qu'on voit dorénavant dans les Centres d'aide sociale des Associations bien connues (et sans ressources propres), nécessairement soumises aux dons, subventions et bénévolat. Centres d'aide néanmoins indispensables et opérationnels grâce à l'entr'aide citoyenne. Les gouvernements approuvent mais la pauvreté** n'est pas détruite pour autant.

 

21è siècle.

 

Siècle d'or  des revenus exhorbitants et indécents de quelques milliardaires qui n'hésitent pas à envisager un tourisme lunaire si ce n'est un habitat secondaire sur la planète Mars ...

 

Siècle d'or incapable de pallier à la famine endémique sur la planète ... incapable heureusement de la cacher car elle est sous nos yeux par médias interposés, partout, à tout moment, même si on tente de l'ignorer ... mais qu'y change-t-on ? Il y a les pays nantis et les autres ...

 

 

* Le gâteau appelé "Mendiant " ne voit le jour qu'après l'introduction du chocolat sur le continent ! C'est chose faite en 1615, lors du mariage d'Anne d'Autriche et de Louis XIII à Bayonne.

Il se consomme ensuite à la cour de Louis XIV à Versailles, y compris dans la cuisine, avant que les chocolatiers ne se l'approprient.

 

** A l'Assemblée nationale législative, au 19è s., une voix célèbre s'élève. Un siècle plus tard, une autre voix se fera entendre et son oeuvre perdure, hélas en 2021, car la faim touche une part de la population. 

 

 

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