La Fête des Fous a-t-elle disparu ?

 

La "Fête des Fous" a-t-elle disparu ?

 

Bien sûr que non et l’actualité nous le démontre. Bizutage outrancier, Gay-Pride, Carnaval, Réveillon, Boum, Enterrement de sa vie de célibataire, etc… en sont la survivance contemporaine.

 

Saturnales et Bacchanales de l’Antiquité, pour ne citer que les plus connues, expriment la nécessité de défoulement dont tout un chacun peut avoir besoin , quelle que soit sa position sociale. Il s’agit d’inverser les rôles bien établis d’une société hiérarchisée. On peut alors assouvir « légalement » et en toute sécurité ses envies et ses rancœurs face aux injustices subies et aux inégalités criantes de la bonne fortune.

 

fetes des fous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le moyen-âge en éprouve également la nécessité. De nombreuses manifestations, excessives dans leurs débordements, permettent de se décharger d’un poids religieux, royal ou seigneurial beaucoup trop lourd à supporter.

 

La Fête des Fous, la Fête de l’Ane - et bien d’autres, spécifiques aux Clercs de justice autant qu’aux prostituées - sont joyeusement réparties tout au long de l’année mais la période de Carnaval s'y prête tout particulièrement. Irrévérences et sacrilèges sont admis et applaudis bruyamment. Lorsque la « folie » momentanée se calme, les esprits et les corps retrouvent un peu de sérénité.

La « fête » est exutoire.

 

Bénéfique pour retrouver  calme et  sérénité.

 

Besoin légitime donc. Universel car humain avant tout. Besoin de retour aux sources et de ce fait initiatique. Du latin initium, début. Retour au chaos des origines. Début d'une nouvelle phase de vie.

 

Faire la fête est une réactualisation du chaos mais … un chaos rassurant. L'homme sait que c’est lui qui l’ organise. Lui seul. Il peut donc le maîtriser quand il le veut. Belle différence avec un désordre que créerait une divinité «  surhumaine », donc indomptable. Ce serait terrifiant !

 

Enterrer sa vie de célibataire ? C’est le passage initiatique de l’adolescence (même tardive) à l’âge adulte. De l’innocence et de la légèreté à la responsabilité. Du statut de protégé à celui de protecteur. Le passage du tout permis « individuel » à la règle du couple qui impose droits et devoirs envers l’autre.

 

Faire la fête est toujours un acte collectif. C’est laisser s’exprimer sa « folie » sur, avec et sous le regard des autres. Participer à la désorganisation momentanée de son moi, de son propre microcosme, au renversement de l’ordre établi et de la hiérarchie. C’est offrir de soi une image inconnue de l’autre, peut-être celle de son double ?

 

Doubles … nous le sommes tous.

 

fete de l'ane

 

 

On ne fait jamais la fête seul.

 

Triboulet, le Fou du roi, faisait le pitre devant une assistance.

 

Il lui renvoyait sa propre image !

 

 

 

Faire la fête c’est accepter de se jouer de ses tares et imperfections physiques publiquement - et sans honte - car tout un chacun est semblable à l’autre. L’autodérision en est facilitée. Elle devient salutaire.

 

 

Certains osent lever les tabous. Ils ne se livrent pas à la fête mais à l’orgie.

 

Ce n’est plus de la fête, c’est de la dépravation.

 

 

***

 

 

 

 

 

Type de contenu
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
J'aime

Plain text

  • Balises HTML autorisées : <a href hreflang> <em> <strong> <cite> <blockquote cite> <code> <ul type> <ol start type> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.