L'énergie, c'est quoi ?

L’énergie, c’est quoi ?

Venu du grec, énergie signifie  « force en action ». Ainsi, une matière ou une force naturelle dont on modifie l’état primordial a la capacité de réagir,  de produire un travail qui génère chaleur, lumière, mouvement, etc. Cette réaction répond  à un principe de physique parfaitement connu. Cependant, si le propre d'une réaction chimique est de conserver tous ses éléments, une réaction nucléaire, elle, les transforme. Et les transforme en une énergie. Une « force en action ».

C’est l’origine de cette même « force en action » qui qualifie l’énergie. On parle alors d’énergie  fossile*, solaire, éolienne, hydraulique, nucléaire, etc.

En ce qui concerne l'énergie nucléaire, nous connaissons  deux sortes de production : la fission et la fusion.

La France est majoritairement productrice d’électricité due à la  fission nucléaire (nucleus = noyau) suivant le principe que la rupture du noyau d’un atome dégage une énergie productrice de chaleur, récupérée pour être elle-même transformée en électricité.

La réaction ne se fait spontanément que si les noyaux atomiques des produits utilisés  sont radioactifs. **

Dans les centrales, ce sont des noyaux lourds d'atomes d’uranium 235 ou de plutonium 239 qui, fissurés par des bombardements de neutrons, se divisent chacun en 2 noyaux plus petits et, comme la chaleur engendrée dégage d’autres neutrons, ceux-ci fissurent d’autres noyaux d’uranium qui se divisent à nouveau. C'est alors une réaction en chaine qui s'amorce spontanément. D'où une chaleur considérable ***.

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Fission nucléaire. Image : irsn.fr

Au contact de l’eau, cette chaleur intense crée de la vapeur. Celle-ci actionne des turbines en lien avec un alternateur qui transforme l’énergie mécanique induite en électricité dite nucléaire dont le problème réside ensuite dans l’évacuation des déchets radioactifs. 

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Réacteur nucléaire. Image : irsn.fr

Quant à la seconde production énergétique, dite de fusion nucléaire, elle est « naturelle » puisque produite à l’intérieur même des étoiles, et notamment du soleil, ou fusionnent naturellement des noyaux atomiques. Cela dégage  l’importante énergie distribuée sur la terre : chaleur et lumière qu’il s’agit ensuite de savoir utiliser telles qu’elles nous sont données. D'où l'utilisation des panneaux photo-voltaïques, dits panneaux solaires.

En ce qui est de créer une énergie nucléaire par fusion, analogue à celle produite à l'intérieur du soleil, il nous faudra encore de nombreuses années de recherche et d’expérimentation, déjà bien avancée mais pas encore opérationnelle pour être efficiente. 

A l’intérieur des étoiles, où règne une température de plusieurs millions de degrés,  on sait que se rapprochent spontanément  deux atomes d’hydrogène, le deutérium et le tritium. 

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Schéma fusion nucléaire. Image : irsn.fr

Or, ce ne sont pas des noyaux lourds et leur rapprochement, appelé  fusion, les rend instables. C'est seulement lorsqu'ils  rejettent un neutron et un atome d’hélium qu'ils se  stabilisent au profit d’un important dégagement d’énergie. Et c'est ce processus énergétique que nous prévoyons de reproduire dans les centrales nucléaires à fusion. 

* Les énergies fossiles viennent du charbon, du bois ou du pétrole. Elles feront l’objet du prochain article.

** Un noyau est dit « lourd » quand il appartient à un atome dont le numéro est supérieur à 83. En effet, au-delà de ce chiffre, le noyau de cet atome contient beaucoup de protons, ce qui augmente considérablement sa force de répulsion. A partir de là, le produit auquel il appartient est dit radioactif.  

*** Ce principe a été utilisé pour générer les premières bombes nucléaires.

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La Grande Muraille d'Inde.

La Grande Muraille d’Inde.

Au 2è s. avant J.C., l’Empereur Samprati fait construire un bastion sur une colline de 1100 m. d’altitude,  dans l’Etat du Rajasthan, au nord ouest de l'Inde, entre les cités de Jodhpur et Udaipur.

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Etats de l'Inde.
Etats de l'Inde.
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De là, on voit jusqu’à la chaine des Aravalli, à plusieurs dizaines de kilomètres. Et même; par beau temps,  jusqu’aux dunes du désert du Thar.  Endroit stratégique défendu en permanence.

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Au 15è s., Kumbha, un rajput* du territoire Mewar**, entreprend la construction d’une muraille, imposante  bien que beaucoup moins longue que celle de la Chine (6.700 km)  ou d’Iran (200 km).

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La forteresse, la Kumbhalgarh, tombe à la fin du  16è s. sous le pouvoir de l’empereur Akbar après que la capitulation des occupants ait été accélérée par l’empoisonnement de l’eau des puits par l’envahisseur.

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Le fort est occupé jusqu’au 19è s. où il est agrandi puis ouvert au public.

Cette robuste forteresse est entourée de murs sur 36 km. Disposant de 6 m de large, ces derniers permettaient à 6 cavaliers de galoper de front  en scrutant l’horizon. Les murs de 4 m 50 d’épaisseur, percés de 7 portes fortifiées  abritaient jadis 360 temples hindous et jaïns*** dont seuls quelques-uns subsistent.

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Temples.
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C’est ainsi qu’entre Jodhpur et Udaipur s’élève un édifice considéré  comme l’un des plus beaux patrimoines de l’Inde dans l’Etat du Rajasthan qui à lui seul recèle un grand nombre de monuments intéressants très visités par les touristes.

*Un rajput, étymologiquement fils de prince, fait partie du clan guerrier de l’Inde occidentale, descendant des Huns présents au 5è s. Ces guerriers s’installent dans l’actuel Rajasthan se constituant des royaumes entourés de forteresses.

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Image : wikipedia.org
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** Mewar : Région du centre et du sud de l'Etat du Rajasthan.

*** Polythéistes, les hindous, qui ont organisé la société en castes, croient à la réincarnation, comme les jaïns, dont la religion ne date que du 6è s. Ces derniers sont adeptes de la non-violence absolue, de l'abstinence et de la défense farouche de l'environnement.

Dans ce même état du Rjasthan, d'autres murailles anciennes entourent  la Cité de Jaisalmer.

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Les poissons dorment-ils ?

 

Les poissons dorment-ils ?

L’état physiologique naturel et normal du sommeil de l’être humain se caractérise par la diminution quasi totale de la vigilance et du tonus musculaire. A cela s’ajoutent, pour d’autres êtres vivants, l’arrêt de la respiration ainsi que de la circulation du sang. 

A l'endormissement, chez les humains, les pensées conscientes s’évacuent peu à peu et les mouvements volontaires s’arrêtent. Seules quelques secousses ou sursauts,  appelés myoclonies, peuvent survenir à l’endormissement. Les paupières demeurent closes, isolant par leur opacité  de tout  stimulus visuel extérieur. Il en de même des mammifères.

Quant au  poisson, qui n’a pas de paupières ... sauf certains dont une membrane est destinée à protéger les yeux de blessures éventuelles, dort-il vraiment ? Le fait-il comme nous ?

S’il vit dans les rochers, comme le poisson-chat, il « dort » en demeurant immobile, parfois posé contre la pierre,  mais toujours attentif à toute attaque.

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seafootage.com
Image : seafootage.com

Certains se posent sur leur queue, debout, les yeux  ouverts puisque sans paupières,  et détalent à la moindre agitation de leur environnement.

Afin de se protéger, puisque leur vigilance est amoindrie, quelques-uns, tels les poissons-perroquets, secrètent un mucus qui les enveloppe d’un nuage semi-opaque atténuant leur odeur tout en leur permettant de s'échapper sans être vus.

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Image : depositphotos.fr

Quant à la raie, sa forme lui permet de plonger et s'aplatir sous le sable tandis que d’autres changent de couleur pour se fondre dans la nature de leur cachette.

Et le poisson-clown se prend d'affection pour les anémones de mer dans les bras desquelles il se dissimule pour somnoler.

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Image : lejournal.cnrs.f

Mais un poisson de haute mer  dort-il aussi puisqu’il ne cesse de nager même si, par moments, c’est tout de même un peu moins vite ? Il ne s'immobilise jamais. En effet, il doit bouger en permanence pour oxygéner ses branchies. C’est le cas du requin. 

A l’évidence, pendant ces périodes de pseudo-sommeil, l'activité cérébrale des poissons (bien différente de celle des humains) ainsi que leur rythme cardiaque ralentissent considérablement, ce qui déclenche une phase de repos et de récupération. 

Et lorsque un banc de piscidés de rivières (ou non) vire de bord instantanément et sans cause apparente, il ne dort sans doute pas (en groupe) mais répond  aux règles de la synchronicité  !

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La fleur d'Islande.

La fleur d’Islande ?

Voir l'image Terre-neuvier - forum du boutmenteux à Fécamp

Terre-Neuvier du 16è s. et plus.

La pêche à la morue est une épreuve physique pour tous les marins qui s’y consacrent, non pour le plaisir de partir vers le Grand Nord sur une mer souvent démontée où le vent glacial est d’une force éprouvante. Ces hommes, jeunes et vieux, n'ont d'autre ressource  pour gagner péniblement de quoi nourrir les familles demeurées le plus souvent en Bretagne.

C’est de Paimpol que les goélettes s’ébranlent dès le 16è siècle pour Terre-Neuve et  l’Islande. Ils le feront jusqu'en 1992.

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Image : google.fr
Image : google.fr

La Bretagne n’a que peu de ressources et les salaires, lorsqu’il y a du travail, sont misérables. Il n’est d’autre solution que de s’engager comme terre-neuva pour capturer la morue, prolifique, nutritive, et qui se conserve longtemps salée même à la chaleur. Certes, ce poisson exceptionnel des eaux froides est abondant mais le travail est rude et cause des  blessures très douloureuses au nom cynique et poétique de

 « fleurs d’Islande ».

Pêcher à Terre-Neuve ou en Islande est différent. A Terre-Neuve des chaloupes de 5 à 8 hommes longent les côtes qui traitent la morue une fois à terre. Par contre, au 19è siècle, la pêche a lieu au large sur un gros bateau, le terre-neuvier, qui  traite sur place la morue que lui remontent des embarcations plus petites.

Pêcher en Islande, c’est se placer au bord du bateau battu par le vent, la neige, le grésil ainsi que par la mer, le sel et le froid.

Structure d'un bateau avec de la glace.

C’est ce contact douloureux permanent qui crée engelures, brûlures, coupures et infections graves, parfois suivies d'amputation des doigts.

Un marin à l'imperméable jaune regarde l'objectif et tient une barre de métal dans ses mains nues. Autour de lui, la structure du navire est en glace.

Durant les six longs mois de mer, c’est l’affrontement quotidien à ce cocktail agressif  qui, pendant les 15 à 18 heures de travail quotidien ininterrompu, provoque, malgré la chaleur trompeuse d’un mauvais alcool trop abondant,  les blessures graves, dont l’origine est  due aux gestes pratiqués par cette méthode particulière de pêche.

En effet, le marin tient un support de bois en Y (mecques).  Dans l’encoche et par un va-et-vient incessant du poignet, il  guide le fil de pêche qu’il empêche de s’emmêler avec un autre.  L’eau salée corrosive** agresse la peau des mains et des poignets qui frottent le ciré. 

Seule protection, pas hermétique, des lanières de cuir sur le poignet  de leurs gants ! Quand ils en portent.

A ces traumatismes locaux  liés  aux gestes de pêche*, mais aggravés par une nourriture déséquilibrée, la promiscuité et l’absence totale d’hygiène,  le terre-neuva souffre de bronchite, tuberculose, typhoïde ou scorbut***, si ce n’est de luxation ou fracture parce qu’il a glissé sur le pont en raison du roulis ou/et de l’alcool. Et comme les  heures de repos sont trop courtes,  dans des conditions  inhumaines, le pauvre homme ne récupère jamais et s’affaiblit d’expédition en expédition.

** Le sel empêche la cicatrisation des plaies.

*** Scorbut : Maladie causée par le manque de vitamine C. Se produisent  chute des dents par déchaussement, atteinte gingivale avec saignement permanent, puis mort par hémorragie.

Ces territoires éprouvants et d'une beauté sauvage "magique" sont aussi ceux des aurores boréales  et de la grande histoire d'Erik le Rougel'aventurier-pionnier  viking encore célèbre de nos jours.

Toutes les photos sont empruntées à la collection de l'ancien terre-neuva Emile Jenouvrier avec l'autorisation gracieuse de Nadine Belin.

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Paris et sa naissance.

 

PARIS et sa naissance.  

Cessons donc de penser la naissance de la capitale à partir de sa seule archéologie ! Paris n’est pas né des Gaulois ni même des Romains. L’espace dédié à la capitale existe bien avant eux ... habité de tribus en parfaite symbiose avec une nature principalement constituée de forêts.

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L'embryon de Paris.
L'embryon de Paris.

Le Pagus des Parisii  (terme conservé par le Pays Basque) est au cœur des sylves profondes aux essences variées qui cernent la petite bourgade installée près des rives marécageuses de Sequana*.

Bien plus tard, ces essences donnent naturellement leurs noms aux localités qui entourent Paris : Le Chesnay, Herblay, Aulnay, Chènevière-sur-Marne et bien d’autres, en sont les témoins actuels.

La vie quotidienne est liée aux éléments naturels représentés par les divinités censées vivre comme les humains mais avec un pouvoir que l’homme ne peut jamais atteindre. Eléments et divinités se confondent.

Comment le savons-nous ?

Nous le savons grâce à la mémoire collective (ou archaïque) qui a imprimé en l’homme une connaissance dont la résurgence se manifeste, des siècles plus tard, dans le quotidien vécu sans que l’inconscient ne la mette en évidence, sans que le conscient n’ait l’idée d’établir des liens.

La mémoire des civilisateurs du néolithique, dont il n’y a aucune transmission écrite, surgit curieusement au Moyen Age dans les contes et dans les Moniages**.  Ils mettent en scène des personnages dont le nom et l’action rappellent aussitôt une croyance antique occultée depuis longtemps et qui réapparaît naturellement dans le récit. Ils confirment ainsi les grands mythes de civilisation et d’initiation. Il n’est pas de hasard :

" le folklore est le savoir du peuple."

Quel est le sens, quelle est la vertu des rites de boue blanche sur l’île Sainte au milieu du fleuve sacré, ou bien encore des rituels de branchages des Vierges Vertes dans les hautes folies ? Leur symbolique n'est pas dénuée d'intérêt et de logique !

Que signifie la liturgie de la tête coupée dont Saint-Denis est l’illustration ? Que représentent le Château de Hautefeuille et son domaine traversé par la rue du même nom dans le 6è arrondissement ? Quelle est la raison d’être des monstres initiateurs à l’étonnante envergure - collègues ou successeurs probables des divinités antiques - et bien installés sur leurs fiefs sacralisés ?

Lorsque se propagent les nouvelles croyances monothéistes, elles s’imbriquent aisément au paganisme avant de s’y substituer,  très lentement certes mais tout naturellement, jusqu’à nous envahir d’étonnement deant l'évidence ! L'un des meilleurs exemples en sera l’histoire de Saint-Denis !

* Sequana est le nom de la Seine, fleuve sacré.

** Un Moniage est un récit écrit et publié aux alentours du 12è s. par des moines qui racontent un évènement "chevaleresque" souvent fantaisiste où intervient le merveilleux mais relié à un fait historique plus ou moins exact. Le Moniage Guillaume en est le plus célèbre et se rapproche du mythe d'IsoréGéant de la Tombe-Issoire.

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Image : wikipedia.fr

Guillaume d'Orange vainqueur du Géant Isoré.

Fresque de la Tour Ferrande à Pernes-les-Fontaines. 

Bon nombre de lieux parisiens, dont l'histoire est malheureusement trop peu connue, évoquent de différentes manières, leur passé mythique créateur.

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Jaisalmer, Tallinn et Carcassonne.

 

Jaisalmer, Tallinn

et

Carcassonne.

Image : evasion-online.com

Cité médiévale de Carcassonne.

Pour l'embrasement de la Cité médiévale et son célèbre feu d'artifice, Carcassonne a invité Madame Monika Haukanômme, Maire d'un arrondissment de la capitale estonienne, Tallinn, ainsi que Monsieur Chaitanya Raj Singh Bhati, Maharadjah* d'une  cité indienne très ancienne, Jaisalmer.

Image : ousetrouve.net/

Après Eggenfelden en Bavière allemande, ces deux villes sont ou seront jumelées à Carcassonne.

Image  : tripadvisor.fr/

La cité médiévale de Tallinn

En 1219, par mesure de sécurité le pouvoir local estonien s'enferme à l'intérieur de hauts murs sur la colline surplombant le port de Tallinn. Un siècle plus tard, en 1347, Tallinn est rachetée par les Chevaliers Livoniens**. Ce sont des croisés allemands venus convertir les peuples baltes encore païens. Ils y restent 600 ans et gouvernent, toujours protégés par les murs et les tours de la cité.

Les temps sont troubles

partout en Europe.

Image : routard.com/

Tallinn

C'est ainsi que se dressent l'austère cathédrale luthérienne du 14è siècle puis son élégante concurrente catholique orthodoxe et ses bulbes,  au 19è siècle, signant la prépondérance russe sur l'Estonie. Tallinn est à la hauteur du tout puissant Saint-Petersbourg, à l'extrémité est du Golfe de Finlande.

Image : passionmonde.com

Tallinn sur la mer Baltique

à l'entrée du Golfe de Finlande.

* Venu du sanscrit, maha, grand et raja, roi,  maharadjah  est un titre honorifique qui, dès le 2è s. en Inde, désigne un roi ou un empereur  (surtout utilisé aux 4è et 5è s). Les Etats de ces maharadjahs sont intégrés à l'Inde entre 1947 et 1950.

** L'Ordre des Chevaliers Livoniens naît d'un compromis qu'un légat du pape établit, en 1228, entre les trop puissants Chevaliers Porte-Glaive et l'Eglise. Afin de limiter la puissance éventuelle de ce nouvel Ordre, il est, peu après sa création, incorporé à l'Ordre des Chevaliers Teutoniques qui mènent une vie monastique.

 

Quant à la cité de Jaisalmer, elle apparaît curieusement, au soleil couchant, comme la soeur jumelle de Carcassonne dont l'impressionnant embrasement du 14 Juillet - créé il y a 124 ans - est de renommée mondiale !

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Le Chemin des Dames.

 

 

" Le chemin des Dames."

 

 

 

Image : google.fr/ attelage louiis 15

 

Lorsqu'Adelaïde et sa soeur Victoire, filles du roi Louis XV, prennent l'attelage qui les mène de Versailles à Bové (dans l'Aisne) où se trouve la propriété de la Duchesse de Narbonne, leur Dame d'honneur, c'est pour passer de délicieux moments avec la Duchesse. Loin de la capitale, elles font de longues promenades chaperonnées sur le plateau qui surplombe la vallée où se tapit un gros bourg appelé Craonne. Accompagnées de Dames de bonne compagnie, elles aiment ces longues promenades sur un chemin qui fait déjà partie de  l'Histoire. 

 

Le Chemin des Dames*.

 

Image : klablog.com/

 

Quelques siècles plus tard, sur le plateau agréablement frais en été, retentit  la musique des guinguettes dont la plus côtée se donne un style western puisqu'elle s'appelle La Californie. Ces lieux de saines réjouissances champêtres sont entourés d'un jardin botanique et d'un zoo. Le Plateau de Californie est alors l'attraction incontournable du dimanche dans la région.

 

Le Plateau de Californie est hélas toujours célèbre de nos jours en raison des journées tragiques que vivent les combattants des deux camps pendant de la Première Guerre Mondiale. Dès 1917, une vie d'enfer se déroule  dans ses entrailles et le Chemin des Dames n'a plus rien de romanesque !

 

Pour n'avoir pu stopper plusieurs avancées allemandes à l'est, l'armée française se replie en se souvenant de l'intérêt stratégique du plateau (déjà historiquement connu**). Il est alors investi dans toute sa profondeur  ... mais les Français ne sont pas seuls. Les Allemands font de même.

 

Tranchées et tunnels profonds sont creusés sur des dizaines de kilomètres. Relevés sur des plans précis. Les grottes (creutes) sont nombreuses, profondes et répertoriées. Lorsque les Allemands attaquent une première fois, le Général Nivelle est battu. Des combats se poursuivent sans relâche pendant plusieurs mois et bien qu'une partie de l'armée allemande quitte la région et se dirige vers le nord, le Chemin des Dames est à nouveau la cible d'une attaque victorieuse d'Herr General Ludendorff qui s'empare  à son tour du plateau.

 

Jusqu'en 1940, le plateau et ses tranchées retentissent d'explosions, de tirs et de cris de douleur. Le carnage est à son comble et, tout récemment, un tunnel vient d'être découvert, le tunnel de Winterberg où 250 allemands  sont figés dans la mort.

 

 

Image : google.fr

 

Tunnel de Winterberg.

Carte des tunnels allemands.

 

Image : treziers.oc.free.fr

Carte complète des tunnels des deux camps.

 

 

* Actuellement RD 18.

 

** A l'époque gauloise, les Rêmes de Reims et les Suessions de Soissons tentent de se partager le site, profitant de sa configuration stratégique exceptionnelle. Eventuellement utile !

En 57 avant J.C., ce sont les Légions romaines de Jules César qui s'y afffrontent aux Légions de la Gaule belgique.

Napoléon y rencontre l'armée de Blücher en 1814, livrant la Bataille de Craonne qui rend célèbre le Plateau.

 

 

La Grande Guerre a marqué à jamais chaque famille et a bouleversé douloureusement la vie des soldats qu'on appelle encore avec beaucoup de sympathie  " Les Poilus ". S'ils sont revenus vivants, certains n'étaient plus que des gueules cassées méritant un profond respect.

 

 

 

***

 

 

 

Nuages noctulescents et aurores boréales

 

Nuages noctulescents

et

aurores boréales.

Image wikipedia

Nuages noctulescents sur les tourbières de Kuresoo en Estonie

Image wikipedia.org

Nuages noctulescents au-dessus d'Uppsala en Suède

Travail personnel Gofororbit

Les nuages noctulescents se forment  entre 75 et 90 kms au-dessus du niveau de la mer là où la température moyenne atteint au moins -120°C.  Ils ne peuvent être vus que si le soleil n'éclaire plus les basses couches de l'atmosphère et qu'il illumine alors les formations nuageuses, ce qui les rend extrêmement brillantes et féériques.

Dans les régions nordiques, comme celle des Orcades*, iles du nord de l'Ecosse, il arrive aussi de voir le ciel illuminé par des aurores boréales.

A condition de regarder vers le nord, écrit Amy Liptrot,  « lorsque les particules des vents solaires chargées d’électricité entrent dans l’atmosphère terrestre, elles génèrent une vive lumière qui épouse les contours des forces magnétiques de la Terre. Ces déplacements ondulatoires créent l’aspect « dansant » des aurores boréales que les Orcadiens appellent des « merry dancers ». Les Orcades  sont assez septentrionales pour nous permettre d’observer les « joyeux danseurs » .

Amy Liptrot : L’Ecart.  Ed. Globe pour la traduction française. 2018.

La terre  est protégée par des ceintures magnétiques de plusieurs centaines de kms d'épaisseur qui arrêtent fort heureusement les particules des vents solaires destructeurs de vie. Certaines particules réussissent parfois à contourner ces ceintures magnétiques et  pénêtrer par les pôles. D'où le nom d'aurore boréale (ou polaire) dans l'Arctique  et australe dans l'Antarctique.

Il peut leur falloir deux jours pour atteindre les pôles.

Lorsque se déclenche une violente  tempête  solaire,  une énorme quantité d'électrons et de protons issus du soleil est émise. A leur entrée dans l'ionosphère, ceux-ci s'entrechoquent avec les particules d'oxygène et d'azote de l'air et deviennent subitement extrêmement lumineux.

Au contact de l'oxygène apparaissent du vert ou du rouge. L'azote déclenche des tons de rose, violet, bleu et parfois aussi de  rouge. Les couleurs sont plus ou moins intenses selon l'énergie des vents solaires et l'altitude à laquelle se font les échanges.

Si la rencontre a lieu à environ 200 kms d'altitude, le vert dominera parce que l'oxygène y est plus dense que l'azote.

 

C'est ainsi qu'apparaissent de splendides voiles lumineux intensément colorés  qui ondulent dans le ciel nocturne pendant une dizaine de minutes.

Ce sont les aurores boréales ** (polaires) de l'Arctique

et

australes de l'Antarctique.

Les "merry dancers" des Orcades.

                     

Image wikipedia:l'internaute;fr

Aurore boréale en Estonie - mars 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                           

Photo de gauche :  Aurore boréale en Alaska.

Photo de droite :    Aurore boréale à Belfort (France)

Lorsque les conditions s'y prêtent, ces phénomènes sont parfois vus sous nos latitudes, comme le montre la photo ci-dessus. Aurore boréale à Belfort en France.

photofunky.net

* Les iles Orcades sont situées entre  la pointe nord écossaise et les Shetland.

Les habitants des Orcades sont généralement peu favorables à l'autonomie et encore moins à l'indépendance de l'Écosse à laquelle elles appartiennent.

 

 

 
 

 


   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

** Voici l'origine du terme boréal qui remplace souvent polaire : dans la mythologie de la Grèce antique, Borée gouvernait les vents du nord violents et glacés. Ainsi l'hémisphère nord de la planète prit le nom d'hémisphère boréal et le pôle également.

 Image : photofunky.net

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Truffe blanche, truffe noire - le Diamant Noir -

 

Truffe blanche,

 

Truffe noire

 

ou le

 

" Diamant Noir " !

                                                 

Il est un champignon souterrain connu depuis des lustres puisque l’Antiquité égyptienne, puis romaine, en parlaient déjà. Arôme et  saveur en faisaient un élément rare (et cher) de la cuisine locale.

 

Il répond actuellement au joli nom de « truffe » mais le nom de sa famille est mycelium. Le latin vulgaire de jadis parle de tufera, déformation de tufer (truffe) venant du latin classique tuber. Le 17è siècle lui donne également le sens de pomme (de terre) – tubercule !

 

L’occitan ancien le nomme bien trufa, pour désigner sa nature, mais il est si difficile de le trouver, qu’avec le temps, le sens de tromperie lui colle aux basques ! Les truffes jouent à cache-cache et se jouent longtemps de l’homme ... jusqu’à ce que le cochon et le chien se montrent plus sensibles et rapides, grâce au flair ... de leur truffe dont forme et couleur semblent analogues à ce qu’ils cherchent ! Et voilà, la boucle est bouclée ...

 

image : longuetraine.fr

 

Modeste !

 

Si le sol est calcaire, le champignon est noir. Il se développe en 9 mois, à partir du printemps. Grossit en été pour être ramassé bien mûr de novembre à décembre. Un chêne du Périgord français (mais pas seulement)  est son habitat de prédilection où germent ses spores et où ses fines ‘radicelles’ se nourrissent de la sève de l’arbre. Il vit donc en parasite.

 

image wikipedia

 

Si ce champignon pousse en Italie (région d’Alba dans le Piémont)  la truffe est blanche.

 

image : wikipedia

 

 

Noire dehors et blanche dedans, elle peut aussi l’être dans le Périgord. Elle est alors récoltée en été mais vendue beaucoup moins chère que la noire.

 

La truffe blanche, très appréciée des bédouins, doit sa naissance aux pluies sporadiques du désert. De ce fait, la récolte, effectuée au sud de la  Tunisie et de la Lybie, est aléatoire mais les sables humides des côtes méditerranéennes sont plus fertiles. 

 

Le Koweït est friand de truffe blanche et la paie très cher sur ses Marchés aux truffes particulièrement prisés dans les pays du Golfe. Cela ne l'empêche nullement de commander du Diamant Noir français en quantité. Son prix n'est pas un obstacle !

 

Le saviez-vous ?

 

L’empreinte de la truffe d’un chien identifie un animal avec autant de précision que le font nos empreintes digitales ! La truffe du chien, bien essuyée et sèche est frottée par le pouce et l'index imprégnés d'encre spéciale. Elle est ensuite pressée soigneusement sur une feuille de papier qui en recueille l'empreinte. 

 

Depuis le 1er janvier 2013, seul le Ministère de l’Agriculture a le droit de procéder à l'identification d'un chien (ou d'un chat) et ce jusqu'à 2023.

 

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Qu'est-ce qu'un charivari ?

 

 

Qu'est-ce qu'un un " charivari " ?

 

Selon le dictionnaire : vacarme, tapage, tumulte,  bruits discordants.

 

Lorsqu’on se remarie, au moyen-âge, il est d’usage d’organiser  un « charivari ». Une fête, donnée en l’honneur des   nouveaux époux qui sont passablement chahutés et au cours de laquelle  tous les excès sont  bienvenus. Beaucoup de bruit. Scènes  loufoques qui se terminent parfois de manière dramatique.

 

 

C’est ce qui arrive le 28 janvier 1393 lors du remariage d’une  Dame  d’honneur d’Isabeau de Bavière, épouse de Charles VI.

La scène se passe dans l’Hôtel de la Reine Blanche*, 17; rue des Gobelins à Paris (13è). Hommes et femmes sont déguisés afin de se livrer incognito à la débauche. Charles VI et cinq de ses  gentilshommes décident de jouer aux sauvages. Ils endossent des vêtements  recouverts de paille, d’étoupe et de plumes. Le tout collé par de la poix. Pour plus de « sauvagerie », ils s’enchainent ! La fête bat son plein.

 

 

 

Or, arrive le Duc d’Orléans, frère du roi. Il cherche à découvrir l’identité des « sauvages ».  Approche un flambeau ... hélas, trop près de l’un d’eux. Le malheureux  s’enflamme comme une torche. C’est le roi. Une de ses tantes a la présence d’esprit de l’envelopper dans ses châles et le glisser sous ses jupes pour éteindre les flammes. Un gentilhomme  ne trouve son salut qu’en se précipitant dans un baquet à vaisselle, tandis que les trois autres périssent atrocement brulés.

 

L’évènement est connu dans l’Histoire sous le nom de Bal des Ardents.

 

 

 

Image  : Le prisme-St Quentin-en-Yvelines

 

 

 

Charles VI, dont la santé mentale est déjà chancelante, ordonne  la destruction de l’Hôtel de la Reine Blanche. Dix ans plus tard.

 

Un charivari est une fête où l'on fait beaucoup de bruit. Il est différent d'un tohu bohu.

 

 

 

* Photo de l'Hostel de la Reine Blanche prise avant rénovation en 2002. Empruntée à Paris-avant.com

 

 

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