le Groenland - Terre verte

 

Le Groenland

signifie

Terre verte.

*

Pays attractif où il fait bon vivre

grâce à sa verdure !

*

Image : schoolmouv.fr

Calotte glaciaire de l'hémisphère nord.

La calotte glaciaire arctique fond en partie entre le 8è et le 13è s. en raison d’un réchauffement climatique baptisé « Optimum Medieval ». 

Si, à cette époque,  les températures augmentent dans l’hémisphère nord, elles baissent au contraire dans l’hémisphère sud, ce qui n’est pas le cas du réchauffement actuel qui augmente sur l’ensemble du globe.

Néanmoins, il semble que les températures actuelles soient plus élevées que celles de la période médiévale. Il est vrai que notre mode de vie n'est plus du tout le même et que l'élévation des températures se fait, depuis quelques décennies, avec une rapidité inédite ! Lente à l'amorçage et accélérée en ce début de 20è siècle sans qu'on soit certain de pouvoir la stopper et encore moins l'inverser ...

A partir du 15è s., l'adoucissement du climat est stoppé par une chute des températures qui provoque le départ des Vikings* sous l'impulsion d'Erik le Rouge. Quant aux Inuits, déjà sur place au 13è s., ils demeurent.

Image : groenland-agoravox.fr

Selon les relevés effectués sur les pollens, les sédiments lacustres locaux et les cernes des arbres, nous avons une idée de la végétation de l'époque qui n'est pas différente de la flore actuelle qui reprend vie.

Revenons à Eric le Rouge !

Solide Viking à la crinière rousse, il naît islandais en 940 (?) avant que l'Islande ne soit occupée par la Norvège.

Portrait d'Erik le Rouge

tiré de la Grolandia d'Arngrimur Jonsson - 1688

Très jeune, il est banni de son pays  pour meurtre. Avec 14 drakkars et ses rameurs, il  atteint les côtes groenlandaises. Leurs ressources ? Peaux d’ours, défenses de nerval, ivoire de morse et autres richesses de l’époque, selon Pierre-Brice Stahl.

Après avoir découvert cette ile où la végétation renait peu à peu grâce à "l'Optimum mediéval" et qu'il baptise groenland, terre verte, il revient convaincre ses compatriotes de s’y installer. Certes, l'ile est encore  inhospitalière mais, à ces nouveaux colons, elle peut servir  de base au départ d'expéditions commerciales (et de piraterie) vers l’Ouest. C'est alors probable qu'Erik le Rouge et ses descendants explorent  le  Canada et les Amériques. En avance sur Christophe Colomb ! Avec le temps, s'installent, à l'est et à l'ouest de l'ile, deux « centres d’activité » qui, au 13è s.,  ne regroupent  pas moins de 2.000 colons.

C’est au 18è s. que la Scandinavie**, puis le  Royaume de Norvège et de Danemark établissent des relations diplomatiques avec le Groenland. Ils imposent leur souveraineté sur l’ile jusqu’en 1814 où le seul Danemark demeure souverain, faisant du Groenland une colonie danoise uniquement. Celle-ci s’affranchit de la Communauté Economique Européenne en 1982 mais conserve la libre circulation des européens selon les accords de Schengen.

* Vikings : On ne les appelle ainsi qu'au 10è s. Ce n'est ni un peuple ni une tribu. Ce sont ceux qui s'aventurent sur les mers pour s'enrichir grâce au commerce et plus souvent à la piraterie. Mais la racine vik et l'étymologie désignent la baie et le mouillage pour bateaux.

** La Scandinavie regroupe les trois monarchies constitutionnelles que sont le Danemark, la Norvège et la Suède.

On appelle couramment mais à tort, Scandinavie, l’ensemble de ces trois pays en y ajoutant la Finlande, l’Islande, les Iles Féroé, le Groenland et l’Aland.

L’Aland est peu connu. C'est un archipel (6.400 iles) formant une province autonome, au sud du  golfe de Botnie dans la Mer Baltique. Il est  situé entre la Suède et la Finlande.  Population : 29.800 habitants.

Entrée du golfe de Botnie.

Image : le(cartographe.net

Archipel Aland

Image : patrimoine-histoire.fr

Drakkar.

*** Terme inventé par les Français au 19è s. pour sugérer une connotation plus sauvage à ces longs vaisseaux-pirates sans pont, mus par des voiles et des rameurs. Le véritable terme est langskip ou long bateau dont la proportion est de 1 à 7.

Leur figure de proue est un animal, bélier, bison, parfois dragon qui se dit dreki au singulier et drekar au pluriel.

D'où l'idée, de choisir de préférence le dragon et, en l'écrivant avec deux  k, le rendre encore plus effrayant ...

***

 

 


 

 

 

 

 
 

 

La Sauge.

 

 

La sauge 

 

 

« Plante qui sauve la vie »

 

 

 

Indispensable à la santé ? C'est  ce que pensent les Egyptiens, les Grecs et les Romains. Ils  vénèrent la sauge au point de la cueillir avec un instrument en or lors de  leurs rituels purificatoires. Ainsi feront les Druides pour le gui.

 

 

 

 

 

 

 

On peut comprendre une telle vénération quand on sait que la sauge a des propriétés digestives, antiseptiques, bactéricides et antivirales. S'y ajoute un effet antioxydant, tonifiant et antiasthénique.

 

En résumé, elle sert à tout et  maintient en bonne santé.

 

A cela, on peut ajouter qu'en cuisine elle parfume délicieusement les viandes blanches et certains plats* dont elle favorise en outre la digestion.

 

Dans l'Antiquité, on échange volontiers trois feuilles de sauge apportée par les hollandais contre 3 caisses de thé !

 

Les Amérindiens apprécient ses vertus hallucinogènes qui les aident à affiner leurs prédictions et ils ne manquent pas de brûler religieusement ses feuilles afin de chasser les esprits néfastes. Ou les mauvaises pensées ...

 

Au 16è siècle, on pense que la sauge protège contre la peste. En effet, elle entre dans la composition du "Vinaigre des quatre voleurs" :  macération dans du vinaigre de plantes aromatiques et médicinales à propriétés antiseptiques**.

 

Au 18è et 19è s., les asthmatiques fument des cigarettes composées  de feuilles de sauge roulées et  on apprécie de nos jours de les brûler  pour assainir l'atmosphère ! Quand à ceux qui ont le malheur de trop transpirer  des pieds, ils tentent de neutraliser l'odeur de leurs chausures en y glissant quelques feuilles.

 

 

« Qui a de la sauge dans son jardin

 

n’a pas besoin de médecin ! »

 

 

MAIS

 

 

La bonne fée Sauge a des limites ... et comme elle contient aussi de la tuyone, toxique à forte dose pour le système nerveux, les sujets épileptiques ne doivent la consommer qu'avec grande modération.

 

En outre, elle est riche en vit K, facteur de coagulation  évidemment contre-indiqué aux personnes sous traitement anti-coagulant.

 

Enfin, certains cancers doivent la proscrire en raison de son facteur oestrogénique.

 

 

 

 

 

 

 

 

La sauge est une plante méditerranéenne de la famille des Lamiacées. On en dénombre environ 700 variétés dont trois sont officinales.   Elle forme un petit arbuste vivace d'environ 80 à 90  cm de hauteur, au feuillage persistant gris-vert argenté.  Parfois rouge foncé ou vert et jaune. 

 

Elle  est récoltée de fin mai à novembre, de préférence en pleine lune car à ce moment-là ses propriétés sont maximales.

 

 

Les feuilles de la sauge de Jérusalem ressemblent beaucoup  à celles de la sauge officinale mais il faut s'en méfier car elle n'est pas officinale !

 

 

 

 

 

Sauge de Jérusalem.

 

 

* Les  feuilles sèches sont plus parfumées que les fraiches et font un régal d'un rôti de porc (ou de veau).  Quant au Haricot de mouton, il se transforme en un  plat  divin ! Les feuilles fraichement coupées embaument plutôt les légumes à la vapeur ou les salades froides.

 

**  La légende raconte que pendant la grande peste qui sévit au 14è s., quatre brigands occitans détroussent les cadavres sans être eux-mêmes contaminés grâce à leur elixir de santé composé de toutes les plantes bénéfiques qui le composent :

absinthe, menthe, rue des jardins, lavande, acore, cannelle, romarin, sauge, muscade, ail, camphre macèrent dans du vinaigre de cidre, de vin ou autre. Il est inscrit au Codex dès le 18è s. et toujours commercialisé.

 

 

 

 

Image : wikipedia

 

 

Bouteille de l'époque.

 

 

 

***

 

  

Conte de vacances pour les petits. Les prisonniers et le grillon.

 

 

 

Les prisonniers et le grillon.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une grande ile lointaine, Madagascar, vit une tribu guerrière.

 

 

La tribu des Baras.

 

 

Image : mada-voyage-nature.com

 

 

Son chef est cruel. Il jette ses prisonniers dans une fosse profonde sur des cailloux noirs et coupants.

Les malheureux sont liés, les uns aux autres,  par les mains et les pieds.

 

 

Le soleil vous grillera tous,

 

hurle le chef,

 

brandissant sa lance.

 

 

 

 

 

 

 

Photo : "Provinces malgaches" de Philippe Oberlé.

 

 

 

 

 

 

Un jour que le soleil brûle plus encore que de coutume, les prisonniers ont une visite.

 

Une visite discrète ...

 

 

Un grillon 

qui scintille  sous le soleil comme de l’or.

Un grillon qui passe et repasse

entre les hommes intrigués par tant d’insistance.

 

 

 

 

 

 

Le petit animal est pressé.

Il sait ce qu’il doit faire.

Sa tâche est longue et risquée.

 

Il se met au travail.

Il s’active,

va de l’un à l’autre sans perdre un instant .

 

 

 

 

 

 

 

Il ronge.

 

Mordille les cordes.

 

Grignote sans boire.

 

 

Les hommes n’ont rien à boire ?

Alors il ne boira pas non plus. 

D’ailleurs il n’y a rien à boire

dans ce désert de cailloux, chaud comme l’enfer.

 

 

Après tout, il est heureux lui.

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                

Il est libre !

 

Le grillon s’essouffle. Le grillon transpire et des gouttes de sueur brillent comme du cristal sur ses ailes d’or.

 

Les hommes se meurent, écrasés de chaleur.

 

Les prisonniers soupirent mais restent immobiles. Ils ont deviné  le travail du grillon qui  tournoie comme un hélicoptère. Bourdonne.  S’active. Il s'énerve car sa mission doit être achevée avant la nuit ! Et la nuit tombe très vite ici.

 

 

Le garde somnole. Le chef ronfle.

Le grillon lime encore et encore.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il s’épuise ... quand soudain une corde s’effiloche, puis une autre et une autre encore ... Les liens se desserrent, craquent en silence libérant enfin les mains prisonnières.

 

Libres,

 

murmurent-ils.

 

Nous n’avons pas rêvé !

Grillon bien-aimé, comme tu es fatigué !

 

Fatigué ?

 

Oh, surtout heureux, sourit le grillon qui s’envole, ivre de joie, en chantant  à tue-tête dans le ciel couleur de flamme qui signe le coucher du soleil.

 

La nuit est tombée.

 

Sans bruit ... les prisonniers s’évadent avant que la colère du chef ne rugisse en écho sur les falaises noires et coupantes de l’Isalo, très loin au sud de la Grande Ile.

 

Merci petit grillon !

 

Tu le savais,

 

on a toujours besoin d’un plus petit que soi.

 

 

 

 

gifsanimes.com

 

 

 

Marie-France Arnold

 

*

**

 

 

Algues bleues : danger !

 

 

 

Algues bleues

 

 

Danger !

 

 

Algues bleues ...

 

Belle image poétique qui fait rêver ?

 

Pas sûr !

 

                                    

Il y a de nombreuses algues mais il faut les connaître !

 

Les algues bleues (ou plutôt vertes) sont des cyanobactéries qui contiennent des cyanotoxines, souvent mortelles pour les animaux et très dangereuses pour l’être humain. Par photosynthèse, elles captent la lumière   pour synthétiser leurs molécules organiques et, pour cela, utilisent des pigments : la chlorophylle ou  les phycocyanines à la couleur bleu-vert.  Là est leur secret !

 

Ces cyanobactéries regroupent une centaine de souches différentes. Plus ou moins toxiques les unes que les autres mais on n'en connait qu'un très petit nombre. 

Les algues bleues se multiplient dans des eaux de surface peu  agitées et prolifèrent très rapidement si les eaux se réchauffent. C'est aussi le cas lorsque ces dernières recoivent des phosphates issus de  l'agriculture proche ou encore lorsque des eaux usées mal traitées s'y déversent.

 

  

 

 

 

Image : futura-sciences.com

 

Invasion de cyanobactéries au Québec.

 

 

Certaines variétés d’algues bleues produisent des alcaloïdes toxiques. Parfois mortels pour les animaux et les humains. Troubles graves : neurologiques, digestifs, respiratoires sont fréquents chez toute personne ou animal qui se baigne dans les eaux polluées d'algues de certaines rivières et lacs français notamment. Méfiance donc lorsqu'apparaissent des nappes d'écume qui ressemblent à de la purée de pois mais qui ont aussi quelquefois une belle couleur turquoise trompeuse.

 

A part les mesures de précautions consistant à ne surtout pas toucher ces algues et encore moins se baigner à proximité, il n'existe pas de traitement actuel si ce n'est que le peroxyde d'hydrogène semble efficace, injecté uniquement par des techniciens spécialisés. Cette technique est encore limitée et ne traite que les effets et non la cause !

 

Présentes dans l’eau et  sur terre,  elles  transforment l’azote en ammonium et en nitrates assimilés par les plantes. Le résultat ? Un engrais pour le sol.

 

*

 

Il est une" algue bleue" bien connue en tant qu'aliment d'excellence et régénérateur. La Spiruline. Elle doit son nom à sa forme en spirale ou en ressort. 

 

 

 

 

Image :la-voie-bleue-.org

 

 

 

Vue de la spiruline au microscope.

 

La Spiruline est extraite uniquement des cyanobactéries  A Arthrospira. On ne la récolte que dans les eaux chaudes et très peu profondes de la ceinture marine qui entoure l'équateur, au-dessus et au-dessous.

 

Cette algue est un concentré de nutriments - bêta-carotène,  vitamine B12 (également oxydant),  protéines,  minéraux dont le fer, ainsi que des oligo-éléments tels que  calcium, phosphore, magnésium, zinc, cuivre.

 

Il est bien évident qu'un dosage doit être respecté et que, dans le cas contraire, comprimés, poudre, gélules sont néfastes pour la santé.

 

 

 

 

Image : terre-net.fr

 

 

 

Bassins de culture de spiruline A Arthrospira

 

 

Une pincée de poudre de spiruline peut être ajoutée dans la confection de pâtisseries, à l'instar des  Aztèques qui,  à l'arrivée des colons, l'utilisaient déjà eux-même dans des gâteaux.


 

 

 ***

 

 

 

 

La tomate.

 

La tomate ?

 

Pomme d'amour

 

ou

 

Pomme d'or ?

 

 

 

 

Image : aocasso.fr

 

 

Au début du 16è. siècle, les conquistadores espagnols, venant du Pérou puis du Mexique, entrent dans Naples, qui leur appartient, et y introduisent la tomate que les péruviens appellent  tomalti ou   tomalt*.

 

 

La tomalt  importée est petite comme un  tomate cerise et les napolitains la baptisent  "Pomme d'or" qu'ils considèrent plutôt comme une plante médicinale bien avant de l'introduire dans la cuisine. Plante à odeur forte (jugée toxique) qui éloigne les moustiques et les fourmis et que les voisins français du sud n'acceptent de consommer qu'un quart de siècle plus tard. Ils l'appellent, quant à eux, "Pomme d'amour" !

 

 

La Pomme d'amour est bien traitée, bien arrosée et ensoleillée - elle grossit alors considérablement puis, très demandée, envahit les régions voisines de la Provence dès le 18è s. La chaleur lui convient parfaitement pour se métamorphoser en un très beau légume. Un légume très goûteux dont le secret qui n'a, à cette  époque,  aucune concurrence chimique est le suivant :

Plantation en bonne terre, engrais bien dosé à base de fumier, ensoleillement maximum, traitement éventuel au purin d'ortie et cueillette à maturité complète**, en août et septembre.

 

 

 

 

 

 

 

La tomate ... un légume ?

 

Non.

 

La tomate est un fruit.

 

Pourquoi ?

 

En botanique, elle est définie comme une "baie molle contenant des graines", ce qui en fait un fruit !

 

Image : santepratique.fr

 

 

Il faut attendre le 19è s. pour que le chemin de fer et la création des usines de conserves  permettent aux autres régions de France - au climat moins favorable - de consommer la tomate. Produit rare, elle est chère. Uniquement  accessible à une élite. Elle se démocratise surtout après la seconde guerre mondiale.

 

A la fleur hermaphrodite, la tomate est une solanacée comme la pomme de terre. Elle est cousine de l'aubergine, du poivron et ... du tabac.

 

 

 

 

 

Image : culture.tomate.free.fr

 

 

 

Il est intéressant de savoir que le transfert - dans la totalité de la plante - des produits élaborés dans ses feuilles, grâce à l'assimilation chlorophyllienne,  ne se fait que la nuit. Et à condition que la température nocturne soit inférieure à la température diurne - mais néanmoins supérieure  à 10° C. Impératif qui doit durer  plusieurs heures. Alors seulement, racines, fleurs, fruits assimilent  les substances élaborées.

 

 

On comprend mieux pourquoi elle ne pousse

et

ne parvient à maturité que dans certaines régions.

 

 

 

De très nombreuses espèces de tomates existent (plus de 200), ce qui a donné naissance au Conservatoire de la Tomate*** dont l'objectif est de préserver les espèces rares ou oubliées. Les tomates sont de toutes les couleurs et ont des goûts quelque peu différents.

 

 

 

 

Image : gammvert.fr

 

Tomate Blue Osu

 

 

 

Paradoxalement, les tomates vertes cueillies en automne et qui ne mûriront jamais en raison de la baisse des températures, font d'excellentes confitures.

 

 

 

 

Recette : leparfait.fr

 

 

 

* Dérivé d'un mot aztèque "zitomate".

 

**  Rien de tout cela n'est respecté actuellement sauf dans les jardins familiaux.

 

*** Château – Hôtel de la Bourdaisière - 37270 - Montlouis sur Loire - France.

 

 

 

 

 Image : labourdaisiere.com

 

 

 

La tomate est indispensable à  la célèbre pizza italienne sur laquelle elle,  il y a très longtemps, elle a jeté son dévolu !

 

 

 

***


 

 

 

Toutankhamon

 

Toutankhamon

1.335 avant J.C. 

Toutankhamon voit le jour à Amarna, capitale de ce qu'on appelera l' "hérésie amarnienne" où les croyances anciennes sont bouleversées par l'idée nouvelle d'un dieu unique Amon, entouré d'autres divinités importantes mais soumises. Ce nouveau système religieux crée une ère nouvelle.

Monté sur le trône royal encore enfant, il n'a que 9 ans, le très  jeune souverain nommé Toutankhamon*   ne règne que 9 autres années.

Il parcourt fréquemment l'Egypte, à la rencontre de son peuple, sur son char royal en bois doré, orné d'ivoire et de jonc.

Char royal.

La vie du jeune pharaon, successeur d'Akhenaton,  est reflète bien les coutumes en vigueur.  Les liens familiaux sont très compliqués et sources d'handicaps physiques ou mentaux  évidents du fait de la consanguinité due à l'inceste. Phénomène fréquent à l'époque ! 

Toutankhamon lui-même est estropié : il a un pied-bot.

De plus, il est marié à sa demi-soeur qui n'est autre que la fille de Néfertiti, l'une des épouses de son  père, Akhenaton**. Cette jeune épouse  est stérile ou accouche de foetus malformés  dont certains sont retrouvés dans les tombes.

 

Cela n'empêche pas le jeune pharaon de recevoir les personnages importants de l'Egypte afin de prendre les décisions qui s'imposent, en temps de luttes comme en temps de paix.

 

Hélas, très tôt, il perd la vie, blessé au cours d'un combat où certains supposent qu'il y a été envoyé pour  être tué. D'autres historiens pensent qu'il aurait plutôt été assassiné, au vu d'un trou visible sur son crâne. Nous ne le saurons-nous jamais.

1.327 av. J.C.

Toutankhamon  n'a que 18 ans.

Selon la coutume, il est embaumé. Chacun de ses organes majeurs (foie, poumons, estomac et intestins) est ensuite enveloppé de lin, placé dans un cercueil miniature en bois doré  richement décoré. 

Cercueil miniature

 

Hapi et Nephtys veillent sur les poumons.

Chaque cercueil miniature, réceptacle de l'un des quatre organes essentiels, est  introduit dans  un vase canope en albâtre. Les canopes sont groupés avant d'être   soigneusement mis à l'abri.

Les 4 vases canopes

Les vases sacrés réunis sont déposés dans la Chapelle des canopes devant laquelle, par mesure de sécurité, quatre déesses étendent leurs bras pour protéger les viscères de pharaon.

La Chapelle des canopes

 

Grâce au financement de Lord Carnarvon, la découverte de sa tombe à Thêbes par Howard Carter, en 1922,  fait de Toutankhamon le pharaon le plus célèbre de l'Egypte ancienne de la XVIIIè dynastie.

* Tout. ankh. Amon signifie l' image vivante d'Amon. Le nouveau dieu.

** Akhenaton a épousé Néfertiti qui est donc la belle-mère de Toutankhamon. A double titre puisqu'elle est aussi la mère de son épouse.

L'Egypte vit en symbiose totale avec ses grandes familles divines, dont l'un des personnages les plus connus, notamment à Lutèce, est Isis*.

* Consulter le site www.pacaluka.fr

 Toutes ls images sont des captures d'écran d'  insecula.com

 

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Le Pont-aux-Tripes à Paris.

 

 

Le Pont-aux-Tripes

 

à Paris.

 

Arrivée des Yvelines (Guyancourt), la Bièvre  parcourt environ 5 kms à l’intérieur de  Paris à travers nos  5è et 13è arrondissements. Là depuis toujours, elle traverse le quartier Saint Marcel, alimente de nombreux moulins comme celui de Croulebarbe*, puis est divisée en deux bras qui enserrent l’Ile aux Singes** (square René Le Gall) et, de nos jours  sous la rue de Bièvre (5è ar.),  court se jeter près du Pont d’Austerlitz.

 

 

 

 

 

Image : clioweb.canalblog.com

 

 

 

Au moyen-âge les  mégissiers et les tanneurs parisiens  ont besoin de beaucoup d’eau pour laver les peaux d'animaux avant de les travailler et les tanner. Au coeur de Paris, ils utilisent la Seine où l'endroit devient vite la Vallée de la Misère, actuel quai de la Mégisserie investi par les fleuristes.

 

Ils s’installent aussi en périphérie, aux bourgs Saint-Marcel*** et Saint-Médard, sur les bords de la Bièvre où les rejoignent les teinturiers : quartier des Gobelins, en bas de la rue Mouffetard, entre les rues Censier et  du Fer à Moulin.

 

 

 

 

Photo : Marville.

 

 

 

Equarrisage et tannage des peaux.

 

Le bourg Saint-Médard relie le bourg Saint-Marcel à la ville. L’église Saint Médard**** en est le cœur spirituel, à quelques dizaines de mètres du Pont-aux-tripes dont le nom se passe d’explication. A l'époque, une boucherie, célèbre dans le Tout-Paris, vend d'ailleurs les meilleures tripes de la capitale tout en bas de la Rue Mouffetard. Son nom ? "Le Pont-aux-Tripes" !

 

 

 

 

 

Image : paperblog.fr

 

 

Séchage des peaux.

 

 

Le début du 20è siècle décide enfin l'assainissement de la capitale. Finies les odeurs nauséabondes causées par les déchets des mégissiers, tanneurs et  teinturiers installés en bordure des eaux que la chaleur rend nauséabondes et irrespirables. La petite rivière est réaménagée de manière souterraine et les structures devenues inutiles disparaissent. Le Pont-aux-tripes également. Les boucheries-triperies demeurent mais  le pont lui-même n'est plus qu'un souvenir.

 

 

* Le Moulin de Croulebarbe alimenté par la Bièvre et le Couvent des Cordelières sont encore  repérables dans Paris. Les vestiges du couvent, dans les jardins de l'Hôpital Broca et le moulin, par un marquage au sol rue Croulebarbe à l'intersection avec l'ancienne rue du Chant de l'Alouette (13è ar.)

 

 

 

 

 

** L'ile aux singes est formée par les deux bras de la Bièvre. Les ouvriers des Gobelins***** y bénéficiaient de  jardins potagers. Actuellement, existent encore des "jardins partagés"  par les habitants du  quartier. Des pans de murets bordant la rivière subsistent ici ou là.  

 

*** L'historique du  bourg Saint-Marcel   est indissociable des mythes fondateurs de Paris.

 

**** La construction de l'église Saint-Médard  (15è au  18è ), sur une chapelle post-mérovingienne, est interrompue non seulement par les guerres de religion mais surtout par un scandale retentissant appelé Le Tumulte de Saint-Médard. ou Les Convulsionnaires de Saint-Médard. Ils commirent le saccage de l'église au cours d'une violente altercation entre catholiques et protestants en 1561.

 

***** C'est dans le quartier des Gobelins, que l'Hostel de la Reine Blanche témoigne de la présence mouvementée du couple royal formé par Isabeau et Charles lors d'un charivari mémorable.

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Papier toilette !

 

 

 Papier toilette

 

dans tous ses états ...

 

 Qui, de nos jours, et en Europe,  pourrait se passer de papier toilette et ne pousser des cris de détresse lorsque le rouleau est vide ?

 

 

 

 

 

 

Image : buzzfeed.com

 

 

Et pourtant le papier toilette  n’a pas toujours été à disposition et ne l’est toujours pas partout dans le monde.

En effet, dans les pays musulmans où la main droite est « la belle main », la main « propre », celle avec laquelle on se nourrit, on utilise exclusivement la gauche pour faire ses ablutions de toutes sortes. Les toilettes munies d'un jet d'eau ou d’une douchette, dans les endroits privilégiés certes, sont depuis toujours la coutume et notamment chez les asiatiques. L’idée du jet d’eau vient du 18è siècle français, méthode  déjà recommandée sur le plan de l’hygiène !

 

L’usage actuel du papier toilette  - qui ne concerne que le quart de la population mondiale - est témoin de niveau de vie, de culture  et de religion. Les pays du  Nord de l'Europe  auraient, selon les études effectuées, une hygiène de vie supérieure à ceux du Sud. Un Norvègien achète 8 kgs de papier toilette par an et un Français 4,8 kgs en moyenne.

 

6 usines européennes, dont une suédoise basée à Gien (Loiret), se partagent un marché considérable. Cette dernière fabrique 2 millions de rouleaux de papier par jour, chaque jour de l’année. Les multinationales américaines – qui éliminent rapidement les entreprises indépendantes – se partagent âprement l’exploitation de leurs propres forêts, canadiennes autant qu’américaines du nord et du sud. Les profits gigantesques d’une telle activité industrielle alimentent autant des laboratoires de recherche que le rendement de leurs actionnaires tout en détruisant sans scrupules la végétation.

 

C’est d’ailleurs aux Etats-Unis qu’en 1857 la première usine de papier toilette est créée mais les Américains le voient comme un luxe et continuent d’utiliser de préférence des journaux et des magazines. Il en est de même en France jusqu’à la seconde moitié du 20è siècle où les catalogues de vente par correspondance sont soigneusement dédiés à cet usage dans toutes les familles. Plus particulièrement à la campagne où c’est le mode d’achat (et parfois de lecture) privilégié.

 

Oubliée la coutume des seuls bourgeois des 17è  et 18è s. Ils choisissent   un linge en chanvre ou en lin et même ... en velours ! On peut sourire quant à l'efficacité d'un tel tissu ... Cependant moins onéreux que le papier. 

 

Et bien avant, on préfère  un coquillage, un bâton courbe ou ses doigts et pourquoi pas ses vêtements. Si les riches Romains, imitant en cela  les Grecs, se servent de tissus, les cailloux sont plus courants –  trois s’ils sont rugueux, quatre s’ils sont lisses ... et le plus simple est de ne rien faire ...

 

A méditer

 

quand on sait que la planète souffre d’un excès de déchets  non recyclables !

 

Solution ??

 

 

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Jupiter à Paris, une affaire de famille

 

 

Jupiter à Paris

 

Une affaire de famille.

 

 

 

 

 

 

Image : mythologie-du-monde.fandom.com

 

 

 

Il y a 2.020 ans, Paris qui n'est encore que la Lutèce romaine, vit en toute harmonie avec une curieuse famille de la haute société et dont on se raconte les tribulations avec parfois un peu de crainte mais beaucoup de respect. En effet, elle a la main  sur toute la vie et son patriarche tient tête à son homologue gaulois.

 

Il s'appelle Jupiter.

 

Fils de Saturne l'irrascible et de Rhée.

 

Sauvé du courroux paternel par sa mère qui l'a confié à la chèvre Amalthée pour le nourrir, Jupiter devenu adolescent est beau, fort et séducteur déjà  invétéré en concurrence farouche avec un père qu'il expédie dans de lointaines contrées. 

 

La toute puissance ne devant pas sortir du cercle familial, comme fera Napoléon plus tard, Jupiter donne, à ses deux frères, la Mer à Neptune et la Terre à Pluton.

 

Les pouvoirs ainsi délégués demeurent néanmoins sous son contrôle ! Il est omnipuissant.

 

Déchargé des affaires courantes, Jupiter envisage de se consacrer désormais à son passe-temps favori, les femmes. Jupiter flirte. Jupiter papillonne bien qu'il ait pris épouse. L'élue se nomme Junon avec qui  les scènes de ménage sont tonitruantes. Nul ne les ignore.

 

Un premier enfant naît. Un fils. On le nomme Vulcain. Hélas la nourrice est maladroite et le laisse choir. Vulcain boîte lorsqu'il fait ses premiers pas. Qu'à cela ne tienne, puisqu'il est handicapé  on le case à la forge où les Cyclopes l'encadrent.

 

 

Jupiter papillonne toujours et des enfants naissent un peu partout. Ce sont Apollon, Diane, Mars et enfin Mercure. Le dieu bien-aimé des Gaulois qui impressionera tant Jules César.

L'histoire familiale turbulente continue et les rivalités ne manquent pas. Les Titans, demi-dieux certes mais dieux tout de même et Géants de surcroît, décident de remettre de l'ordre dans le chaos imminent. Des alliances se forment et Jupiter doit ravaler son orgueil et signer un pacte avec Neptune et Vulcain.

 

La paix revient timidement.

 

Quant à Pluton, il vit dans l'ombre. Il est l'ombre des Ombres. Dans le silence et l'obscurité, il attend les âmes des morts. Il règne sur les Enfers où Charon, le passeur,  conduit la barque mortuaire qu'il dirige plus ou moins vite, selon le prix reçu, vers les délices des Champs Elysées ou l'horreur des Enfers. Le mort porte dans la bouche une pièce de monnaie, une obole, dont le montant décide de la vitesse avec laquelle pagaie Charon afin de parcourir les cinq fleuves des Enfers menant à la destination finale. Ce sont des fleuves terribles sur lesquels les souffrances endurées par le défunt durent jusqu'à la fin du voyage. Leurs noms :

 

Achéron provoque la douleur

 Phlégéton  brûle

 Cocyte cause des lamentations

Styx répand l'horreur

Léthé inflige l'oubli.

 

On comprend mieux l'importance de l'obole offerte pour parvenir le plus rapidement possible devant Cerbère, le terrifiant chien à trois têtes qui décide de l'accès aux Champs Elysées ou à l'Enfer.

 

 

 

 

Hans Sebald Beham (1500-1550)

 

 

 

Hercule, fort et courageux, capture Cerbère.

 

 

La mythologie romaine est l'héritage de la Grèce. Les noms changent. La mythologie gauloise s'inspire des précédesseurs, tout en étant influencée par la culture celtique. Lutèce, puis notre Paris contemporain, en conservent la mémoire, facile à découvrir pour celui qui sait ouvrir les yeux !

 

 

 

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Pourquoi les verres font-ils de la musique ?

 

 

Pourquoi les verres font-ils de la musique ?

 

Pour reconnaître  un verre en cristal d'un verre ordinaire, on a l'habitude de lui donner un léger coup de l'ongle. Il résonne. Lorsqu'on passe le doigt sur le pourtour, il émet des notes de musique  différentes selon qu'il est étroit ou large, vide ou plein.

 

Un verre ordinaire n'a pas les mêmes propriétés musicales. Le son, beaucoup plus grave, est difficilement perçu par l'oreille humaine.

 

D'où vient ce phénomène ?

 

Un verre ordinaire est composé de silice. Un verre en cristal en contient également mais on lui ajoute un certain pourcentage  d'oxyde  de plomb.  L'oxyde de plomb permet ainsi d'obtenir un verre plus fin et parfaitement translucide*. D'une brillance extrême.

 

Selon la forme, le diamètre et la finesse d'un verre en cristal, son "chant"  est remarquable et permet aux plus innovants** de l'adapter à de nouveaux instruments.  Les compositeurs s'en emparent. Mozart écrit un adagio destiné à être joué sur du cristal.  Adagio pour Glass Harmonica - K 356. Beethoven, Camille Saint Saens dans Le Carnaval des Animaux, Johann Strauss et bien d'autres sont  également très interessés par la sonorité de ce nouvel "Harmonica de verre ".

 

Les notes sont dues aux oscillations que provoquent les vibrations crées par le frottement des doigts sur les bols de cristal.

 

Image : vessiere-cristaux.fr

Cristal de Baccarat

 

 

Verre ordinaire

 

La famille royale décide en 1786 de construire au Creusot la Manufacture de Cristaux de la Reine. L'ancienne cristallerie est aujourd'hui appelée Château de la Verrerie ; on y trouve un Musée sur la verrerie et l'industrie du Creusot.

 

 

https://gulet-crystal.com

 

Four à cristal - 1.250° -

 

Actuellement, le nombre de fours à cristal tend à diminuer en raison de la dangerosité du plomb mais aussi du coût économique dû à la  forte intensité de main d'œuvre.

 

Un cristallier  est exposé au plomb inhalé dans l'air contenant poussières et vapeurs. Et ce n'est pas tout. Des additifs  du verre, le trioxyde d'arsenic et  l'acide fluorhydrique nécessaires pour la gravure, provoquent des maladies professionnelles graves : saturnisme, anémie, cancers, etc.

 

A cela s'ajoutent les oxydes métalliques indispensables à l'obtention des couleurs. Ils sont mélangés au sable de verre, à la potasse, au calcaire et parfois à des fragments de verre. 

L'oxyde de nickel donne du violet, le cuivre et le chlorure d'or du rouge rubis et le cobalt du bleu.

 

Verre en cristal Vessiere

 

* Les spécialistes parlent d'éclat cristallin.  Le cristal possède une structure dite "cristalline" parce qu'elle  est un ensemble d'atomes "ordonnés".  Le verre est au contraire "désordonné", c'est un solide dit "amorphe". Il est terne.

 

  Pourquoi ?

 

Gràce à l'oxyde de plomb, le cristal brille. Pour obtenir l'appellation européenne "cristal", la loi de 1971 impose au verre d'en contenir au moins 24 %  et de posséder un indice de réfraction supérieur à 1,545 mais, selon les règlements juridiques de chaque pays, le taux varie considérablement. Ainsi les Etats-Unis proposent une appellation  cristal qui n'en contient que 1 % !

 

Les grandes cristalleries françaises utilisent parfois 32 % d'oxyde de plomb.

 

 

** C'est Benjamin Franklin qui, en 1761, invente un nouvel instrument dont l'origine remonte à 1743 quand Richard Puckeridge a l'idée d'utiliser  des "verres musicaux".  Le glassharmonica est né. 

 

 

Thomas Bloch sur son glassharmonica

Publié le 06.05.2015

Thomas Bloch sur son glassharmonica (France 3)

De nos jours, très peu de musiciens savent en jouer. Ils ne seraient que cinq dans le monde dont l'alsacienThomas Bloch.

 

 

 

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