Le cauchemar des phobies.

 

 

Le cauchemar des phobies.

 

 

Qui n’a jamais eu peur, une peur irraisonnable, une peur panique, de quelque chose qui parfois bouscule  dangereusement sa vie, parfois ridiculise mais toujours paralyse. La vie sociale peut en être sérieusement compromise. La vie professionnelle peut l’être également.

 

Cette peur s’appelle une phobie. De phobos qui, en grec,  signifie terreur, crainte.

Malgré de grandes démonstrations d’inoffensivité que le phobique reconnaît honnêtement, il demeure phobique ! Sa peur, si elle est subite, peut le conduire au malaise et à l’accident. La vue, le bruit, un murmure, un froissement, une odeur, l’idée seule pour certains, paralysent.  La terreur est d’une telle intensité qu'elle provoque l’hilarité des autres. Et cette peur est incoercible ! Elle en devient parfois trouble mental.

 

 

Image : fr.phoneky.com

 

Mais pourquoi une telle terreur subite

face à un danger qui n’en est pas un ?

 

L’apiphobe fuit les abeilles, les guêpes, les frelons tandis que le lépidophobe est paniqué par  les papillons (lepis, en latin, signifie écailles). Tous les jardins abritent ces voyageurs parfois éphémères aux couleurs malicieuses*, au noir terrifiant comme est le somptueux habit du  papillon de Russie ! Il peut aussi regarder, fixer, hypnotiser ...

 

Image : wikipedia.fr

 

Papillon "Petit Paon de Nuit."

N’aurions-nous pas, imprimée de très longue date dans notre mémoire, l’idée d’un danger auquel les premiers hommes étaient confrontés dans leur environnement ? Dangers parfois synonymes de mort -  telle la hauteur vertigineuse et la chute., le serpent et sa morsure létale. Ou encore l’étouffement par  constriction. L’araignée et sa piqure etc ... Encore sans expérience, ignorants de la cause même qui créait le danger, avaient-ils une autre réponse immédiate que la peur  ?

Sans elle, en présence d’un péril potentiel l'homme ne se préserve pas, ne prend aucune précaution et tombe malade.  Meurt. C’est donc l'instinct de conservation tout à fait naturel qui conditionne alors son comportement. La peur.

Grâce à cela, les anciens ont survécu mais ...

ils ont transmis le gêne de la peur !

Du haut d’un piton rocheux, si l’homme ne craint pas de se tuer en sautant dans le vide, il le fait et sans précautions se fracasse en bas. D'où l'acrophobie, du grec akron, pic, sommet.

 

Les phobies, petites ou grandes, touchent presque tout un chacun, apparaissent en général dans l'enfance ou à l’adolescence. Prises en charge rapidement, il est possible de les faire disparaître ou tout au moins de les atténuer fortement.

 

Peur  des oiseaux (ornithophobie, du grec ancien ornis, oiseau), des araignées, des papillons et des insectes, peur de la foule ** etc..., si les phobies  deviennent invalidantes, elles peuvent faire l’objet de psychothérapie comportementale et cognitive ou même  analytique. Parfois d’hypnose. Le sujet qui s’y prête, surtout s'il est encore jeune, a de grandes chances d’améliorer sa qualité de vie et d’acquérir une libération mentale très appréciable.

 

* Le noir aggrave la peur, quant au vert tendre il est d'autant plus terrifiant qu'il se confond malicieusement avec le feuillage et ... provoque la stupeur  !

 

**L’ochlophobie est la peur de la foule, en tant que masse physique capable d’écraser. Quant à l’agoraphobie, c’est la peur des espaces remplis de public.

 

La disparition du peuple des abeilles , décimées par la pollution, réjouit peut-être l'apiphobe mais demeure une catastrophe pour la nature.

 

Enfin l'apopathodiaphulatophobie, ou peur de la constipation, si elle prête à rire, n'en est pas moins un danger pour la santé puisqu'elle conduit à une sélection drastique et parfaitement déséquilibrée des aliments.

 

 

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