Suffragettes et vote des femmes.

 

Suffragettes

et vote des femmes.

 

Lorsque le Général de Gaulle accorde aux femmes le droit de vote par une ordonnance du 21 avril 1944, il met fin à un combat séculaire auquel bon nombre de femmes, françaises* et étrangères, se sont livrées. On les appelait les « suffragettes ».

 

Les femmes ont toujours été conscientes que leur sort était bien différent de celui des hommes. Interdites d’accès  à certaines études, certaines fonctions, certaines responsabilités, refoulées au rôle de génitrices et « grillons » du foyer, à moins que ce ne soit celui de péripatéticiennes ... à la seule disposition toute masculine ... !  Cependant, dès 1830 quelques-unes osent sortir de l'enfermement dans lequel elles sont maintenues. Elles réclament le suffrage universel. On les appelle les suffragettes.

Image : wikipedia.org

Parade des suffragettes à New York.

Les hommes sont hostiles à l’égalité demandée par leurs épouses. Ils sont vent debout et ne cessent d’en parler entre eux. les débats sont enflammés. Courroucés. Qu’adviendra-t-il si une femme n’a pas la même opinion que son mari ? Qu’adviendra-t-il si la femme est incapable de choisir par elle-même le "bon" candidat ? Elle ne devrait avoir  d’autre choix que celui de son mari ! Bien pire, la femme est évidemment incapable de comprendre la politique. Domaine exclusivement masculin. Comment  peut-on  lui accorder un droit si important  ?

 

Trente plus tard, l’idée s’est répandue,  la grogne couve en France, en Grande-Bretagne, aux U.S.A., puis se transforme en révolte qui  gronde. Les femmes veulent participer aux lois qui régissent leur vie et celle de leur famille tout comme celle des hommes.

C’est seulement lorsque les femmes participeront  à l’élection de leurs représentants, et donc à l’élaboration des lois, qu’elles pourront faire  abroger celles qui les rabaissent au rang de citoyennes de second ordre. Qu'elles pourront discuter de ce qui est bon ou non pour le peuple**.

 

Une association de 1909 aboutit en 1914 au dépôt de 500.000 signatures, non suivies d’effet.

Crédit : Collections La Contemporaine

Dépot de signatures.

De l'autre côté de la Manche, les britanniques n’hésitent pas, depuis déjà fort longtemps, à agir par la force et la violence, agresser des hommes politiques ou poursuivre  des grèves de la faim : « Des actes pas des mots » réclament elles. Manifestant devant le Tribunal de police, elles sont emprisonnées mais pas découragées même si  The suffragette, leur journal, est suspendu.

 

Image : garystockbridge617.getarchive.net/

Altercation par la police à Londres.

Quel que soit le pays, même détermination, même combat. Aucune collaboration n’est admise avec un parti politique quel qu’il soit. Les actes de grande violence comme explosions de bombes ou agressions de parlementaires par des femmes déchainées augmentent. Ils sont de plus en plus spectaculaires à la mesure du désespoir et de la rage de lutter depuis si longtemps pour un droit si légitime. Ils aboutissent enfin, en 1928,  à l’obtention de leur droit de vote à l’âge de 21 ans et non plus de 30 comme il l’avait été 10 ans plus tôt.

Dès 1935, à  Paris, Louise Weiss préside un groupe de femmes bien décidées à militer pour obtenir leurs droits. Elles organisent des manifestations  retentissantes jusqu'à la déclaration de la seconde guerre mondiale.

Image : magny-les-hameaux.fr/  Crédit BNF

1935

Louise Weiss à droite de la photo

La Seconde Guerre Mondiale guerre  quand le Général de Gaulle octroie le droit de vote aux femmes qui, comme lors de la Première Guerre Mondiale, ont remplacé courageusement les hommes partis au combat.

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** Olympe de Gouges est peut-être la première femme française à oser revendiquer le droit des femmes, au péril de sa vie, puisqu'elle est guillotinée par la Révolution.

 

** Les Dames des Halles, sont un groupement de femmes particulièrement intelligentes et responsables, bien que peu instruites, qui, sans violence aucune mais dotées d'une détermination farouche, pragmatique et d'arguments puissants, imposent peu à peu l'habitude d'être reçues par le pouvoir royal afin de discuter les prix. C'est ainsi que lorsque le blé vient à manquer, que la famine risque de s'installer, elles se dirigent tout naturellement vers les grilles du château de Versailles afin de s'entretenir avec Louis XVI.

C'est le 5 octobre 1789.

 

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