Qui sont les béguines ?
Qui sont les béguines ?

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Béguine.
Les béguines sont des femmes religieuses qui se sont installées pour vivre ensemble mais de manière autonome dans une maison ou dans plusieurs dont le regroupement forme un béguinage : lieu d’hébergement, de vie domestique et monastique, ateliers divers destinés à faire vivre la communauté, simple infirmerie ou hôpital.

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Béguinage de Bruges.
Souvent construits autour d’un jardin planté d’arbres et de plantes médicinales, d'un potager et parfois d'un verger, ces lieux de vie simple, parfaitement entretenus, font la fierté de l’Europe du Nord.
Les premiers béguinages voient le jour en Belgique*, principalement en Flandre et prolifèrent durant le Moyen-âge. Si nombreux qu’ils forment parfois une petite ville « dédiée ». Ils sont 80 au total. Il en subsiste actuellement 27 dont 13 sont classés au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1998.

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Béguinages classés.
Seuls subsistent ces bâtiments classés et parfaitement conservés tandis qu’il n’y a plus de béguines. La dernière est décédée en 2013 à l'âge de 93 ans.

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Béguinage de Courtrai.
Classé au Patrimoine mondial.
Au début du 12è s, quelques femmes indépendantes (à condition d’être veuves ou jamais pourvues d’époux), s’installent tout près de l’église, ou d’une abbaye, pour vivre de manière frugale, contemplative et mystique, tout en demeurant entièrement indépendantes - ce qui est impossible dans un couvent où l’on prononce des vœux qui engagent pour la vie.
Etre actives leur assure cette autonomie économique indispensable au mode de vie choisi. Au 13è s., de nombreuses femmes se regroupent dans des maisons plus ou moins grandes. C’est la naissance des béguinages et d’uns institutionnalisation structurée qui encadre les préceptes de vie communautaire de chaque maison. Ces habitations peuvent être modestes ou plus luxueuses, rurales ou citadines.

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Béguinage de Louvain.
Les béguinages se répandent avec le temps dans le nord de la France mais une telle indépendance sème bien vite le doute** sur une possible tendance à l’hérésie ou à des mœurs dissolues.
Lorsque les béguinages sont très développés, ils construisent leur propre église et leur centre de soins médicaux destinés aux béguines. Entourés de murs, ils sont parfois à l’écart des villes. Sous l’égide de la Grande Dame ou de la Grande Maîtresse, les femmes ne sont toutefois plus aussi libres qu’elles ne l'étaient à l’origine. La Grande Maîtresse délègue des responsabilités à plusieurs autres femmes pour le centre de soins, l’église et les tâches importantes de la communauté. Discipline et responsabilité sont indispensables au fonctionnement harmonieux d’une communauté. De femmes ou d’hommes ! Les béguines s’y plient volontiers. Même si elles habitent leur propre maison*** ce qui est possible si elle leur appartient.

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Maison particulière à Anvers.
Hélas, les Guerres de religion détruisent une grande partie du patrimoine béguiniste que la Contre-Réforme du 16è s. restaure fort heureusement. Les béguinages se reconstruisent en nombre impressionnant. Leurs églises et leurs maisons, ornées de style baroque du 16è s., sont actuellement classées et bien reconnaissables.
* Dans le diocèse de Liège
** Le Concile de Latran (1215) impose aux femmes d'intégrer des congrégations cisterciennes ou franciscaines.
*** La propriété d’un bien immobilier personnel où peut vivre une béguine revient à la Communauté du béguinage à la mort de sa propriétaire.
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