Exil. Solitude. Résilience.
EXIL
Solitude
et
Résilience ...
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Au pied du pont l’est un quai
Au bout du quai, un escalier
Sous l’escalier niche un déshérité.
Dans son trou
Son igloo
Il vit comme dans un chou.
Point de pompons.
Pas de néons.
Une triste et fière exclusion
Dans les chiffons
Et les cartons.
Des bougies blanches
ont raviné le sol en rigoles cireuses
Qui, des veilles silencieuses,
Racontent les coulées de larmes sauvages
De celui qui gîte,
Sans tapage,
Sur ses hardes roidies de gel et de vomi.
Piments d’insipides croûtons,
La sardine et le litron …
Seuls intrus admis dans l’antre
D’où fut chassée, voici des lustres,
La copine avinée du vieux pont
Qui le faisait trembler
A grandes bordées de jurons.
Coulent les flots de la Seine
et
Coule la vie en parenthèse …
Un geste désabusé
Fauche le temps passé,
Brocarde les foutaises !
Il a une drôle de barbe effilochée
Le vieux
Et dans le chanvre âgé,
Il bougonne
Le bougre,
Marmonne d’étranges roucoulements
Que nul n’entend.
D’ "ailleurs " ses yeux sont délavés …
Et, quand descend la nuit
Sous l’escalier
Qui mène au quai
Qui mène au pont,
De ses mains fébriles,
De ses doigts agiles,
Il exhume le trésor
Sur lequel il dort.
Un Stradivarius
Et, sous l’escalier
Qui mène au quai
Qui mène au pont,
Dans l’errance de son exil,
Il hurle sa déchirance,
Chante sa souvenance,
Avoue sa désespérance
Sous l’archet de son violon.
Et dans la nuit parisienne indifférente,
pleurent les mélodies slaves
qui l'inondent de bonheur.
Marie-France Arnold
En hommage à tous les exclus de la société.
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