Epidémies depuis toujours ...

 

 

Epidémies depuis toujours ...

 

De tous temps et depuis que l’homme existe, bactéries, virus, microbes s’y sont attaqués avec plus ou moins de succès.

Les conditions du climat, de l’environnement et de l’hygiène sont leurs alliées pour proliférer jusqu'à infecter l’être vivant, homme ou animal. Animal* qui héberge parfois l’élément pathogène avant qu’il ne puisse attaquer l’homme.

 

La transmission s’appelle contagion et elle est spécifique à chaque élément selon qu’il affecte avec prédilection telle ou telle partie de l’organisme.

 

Sur un territoire, la contagion est cependant limitée tant que les groupes humains sont réduits et éloignés les uns des autres, jadis sans transports en commun ! Elle se réduit alors au groupe lui-même. Qui peut d'ailleurs disparaître !

 

Lorsque les conditions de pseudo isolement ne sont plus assurées, la maladie contractée par un individu, éventuellement transmise au groupe, se répand très loin et fait des ravages. Se produisent alors les grandes épidémies** connues dans l’Antiquité. Auparavant, on peut le supposer mais on ne le prouve que par l'analyse d'ossements découverts par les archéologues.

 

Lorsque l’infectiologie n’existe pas encore, il est compréhensible d’accuser une divinité mythologique, censée protéger, purifier et guérir,  de punir la communauté pour une faute individuelle ou collective, un rite mal observé, une offrande oubliée. Ainsi s’explique-t-on la  maladie contagieuse qui se répand à la vitesse de l’éclair. Punition collective. C’est le cas de la Grèce autant que de l’Empire romain qui ont à subir des épidémies de peste mais surtout de typhus.

 

Cependant, au 5è s. avant notre ère, la Grèce « intellectuelle » ose réfuter l'accusation des dieux. Le pragmatique Thucyclide dit qu’il serait bien plus rationnel d’observer les principaux symptômes communs de la maladie puis la manière dont  elle se propage.

A cela, Hippocrate ajoute :

« Quand un grand nombre d’hommes sont saisis en même temps d’une même maladie, la cause doit en être attribuée à ce qui est le plus commun, à ce qui sert le plus à tous : or, cela c’est l’air que nous respirons ».

 

Il n'avait pas encore envisagé le port d'un masque ! !

 

Au 1er s. avant notre ère, on ne pense toujours pas à la possibilité d'une transmission inter-humaine puisque le poison est dans l’air, l’eau, les cultures etc...  ce dont chaque homme a besoin ! Donc, chaque homme, ou animal, s'infecte ainsi  par ce qui lui est commun et indispensable pour vivre.

 

Fréquentes et dévastatrices sont les épidémies  qui ravagent le Moyen-Orient et l’Empire romain durant des siècles après J.C. Elles sont appelées "pestilentias" ***. Traduites à tort par  "pestes", elles font référence à une épidémie qui est souvent le typhus ou la variole.  

 

Il faut attendre Avicenne, au 13è s, pour que naisse l’idée que les germes pathogènes sont diversifiés et se transmettent de manièredifférente.  Il confirme le constat, déjà fait dans l’Antiquité,  qu’un malade touché lors d'une épidémie ne l’est plus lorsque survient une seconde épidémie identique. 

Prémices de la future vaccination qui n'apparaitra qu'au 17è s, de manière naturelle lors de l'épidémie de variole dont Jenner sera la pionnier.

 

* Il arrive qu'un animal infecté en héberge un autre qui est, lui, seul transmetteur du germe pathogène véhiculé par l'animal qui le transporte. Le rat est porteur de puces qui transmettent elle-mêmes le très virulent bacille de la peste dont le rat est infecté et découvert par Yersin en 1894.  Le bacille de Yersin.

 

** Epidémie vient du grec, épi, sur et démos, peuple. Une épidémie est alors déclarée lorsqu'un grand nombre de cas d’une même maladie circule dans le peuple.

Elle devient pan-démie lorsqu’elle se répand à une très grande majorité des humains. Pan signifiant tous.

 

** Pestilentia signifie, en latin, une odeur infecte et nuisible de putréfaction mais aussi une calamité, un fléau qui se répand très rapidement.

 

 

Face à l'ignorance, les hommes ont toujours nommé des boucs émissaires responsables de leurs  maux inexpliqués. Lors de la récente épidémie de Sars-Cov 2, ils n'ont pas fait mieux et  peut-être se sont-ils trompés. Ils ont accusé rapidement la chauve-souris puis le pangolin ... aucune preuve n'est encore apportée.

 

 

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