Le Pont-Neuf de Carcassonne.

 

 

Le Pont-Neuf de Carcassonne.

 

Construit en 1845 et élargi en 1960 pour fluidifier la circulation de plus en plus dense à l'entrée de la ville, le pont enjambe l'Aude, fleuve aux eaux glauques ou jaunes, c'est selon, aux berges plantées d'arbustes.

 

Au 19è., il est appelé Pont Louis-Philippe* en hommage à celui qui, depuis Les Trois Glorieuses de Juillet 1830, succède à Charles X et règne sur une France en pleine mutation sociale,  politique et économique puis industrielle balbutiante.

 

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 Pont Louis-Philippe et la Cité médiévale.

 

Si la première idée est de doubler le Pont-Vieux (14è.s.), seul point de passage entre Carcassonne et Narbonne, en lui "soudant" un nouvel ouvrage pour en augmenter le passage, celle-ci n'est fort heureusement pas retenue ! C'est alors qu'en 1845 décision est prise de construire un nouveau pont,  à 150 m. de là et de prévoir deux arches supplémentaires    pour laisser place aux chemins de halage.

 

Les carriers s'activent alors à Villegly, Montredon, Villalier et Pezens pour extraire rapidement le matériau nécessaire. Les travaux cependant n'avancent pas assez vite et la crainte de voir endommagé par les crues, déjà importantes, ce qui est déjà bâti mais non terminé, est grande. Une innovation consiste toutefois à évacuer les eaux de pluie par un système ingénieux prévu à  l'intérieur du tablier du pont. 

 

1er Mai 1846.

Inauguration du Pont Louis-Philippe de Carcassonne.

 

Louis-Philippe est renversé par la Seconde République et le pont carcassonnais est débaptisé. Il devient le Pont-Neuf à la fin du 19è s.

 

1960

 

Elargissement du pont et remplacement du tablier en pierre par un tablier métallique qui a beaucoup moins de caractère que celui d'origine.

 

L'Aude** peut être calme et paisible ou tumultueuse selon les pluies qu'elle reçoit et achemine vers la mer où elle achève son cours. Elle monte extrêmement vite,  et très haut, des témoins historiques l'affichent ostensiblement sur certains  murs, notamment au Pont-Vieux.

 

Or, le Pont-Neuf présente actuellement - et depuis trois ans - l'étrange particularité de se "végétaliser", ce dont les riverains se passeraient volontiers et les panique à chaque pluie torentielle.

 

 

 

En effet, depuis octobre 2018, les crues ont déposé des îlots de galets à quelques mètres des piles du pont, en amont et en aval ; sur l'un d'entre notamment s'est installée une végétation haute et touffue de peupliers. Sur d'autres îlots, la végétation grandit rapidement. Les pieds dans l'eau, la tête au soleil, les peupliers prospèrent à toute vitesse, non seulement sur les galets mais aussi au  pied des piles, au  point d'atteindre, pour certains, le sommet des arches et le tablier du pont ! En amont ... en aval ... ils sont omniprésents, prêts à retenir pour former une barrière infranchissable tout ce que pourra  charrier le fleuve, un jour ou l'autre ...

 

 

C'est d'ailleurs une occasion unique pour les touristes interloqués de photographier une anomalie "municipale", originale et insolite !

 

Les nombreux courriers aux instances dédiées, dénonçant cet état de fait extrêment dangereux pour les riverains, demeurent sans réponse. Incompréhensible, d'autant qu'une grande partie de la ville est depuis très longtemps classée en "zone inondable" ...

 

Les autorités se  félicitent d'avoir géré les crues précédentes, dans d'autres lieux très proches  ... une fois les inondations installées ... mais ne prennent aucune mesure de prévention du risque : débroussaillage, curage, arrachage de végétation anormale, déblaiement des embâcles, etc...

 

Gérer, c'est prévenir.

 

Gouverner, c'est prévoir.

 

Ainsi pense le citoyen. Il en est convaincu.

 

Il a raison.

 

La colère gronde.

 

Certes, les inondations sont devenues inévitables. Les pouvoirs publics*** ont obligation d'en atténuer le danger, le minimiser au maximum. Ils peuvent, ils doivent déblayer les cours d'eau afin que les torrents charriés ne soient pas bloqués par des obstacles installés depuis longtemps et dus à leur négligence.  

 

Hélas, l'Aude n'est pas le seul cours d'eau concerné en France.

 

Pourtant, nul ne peut dire qu'il ignore l'ampleur des catastrophes actuelles liées au dérèglement climatique. Les exemples récents, d'une soudaineté affolante et d'une ampleur meurtrière, ne semblent pas suffisants pour engager immédiatement quelques travaux de déblayage, d'autant plus aisés qu'à cet endroit précis, l'Aude est au plus bas tout l'été.

 

 

Photos personnelles.

 

 

* Louis-Philippe - 1773-1850.

 

** L'Aude naît au Lac d'Aude dans les Pyrénées Orientales (commune des Angles) à 2.185 m d'altitude et parcourt 223 kms avant de se jeter dans le Golfe du Lion et la Méditerranée. Le fleuve est orienté sud-nord et s'incurve à l'est à partir de Carcassonne, longeant le canal du Midi jusqu'à Narbonne.

 

Image : wikipedia.org/

 

*** Les Voies Navigables de France (VNF)  gèrent l'ensemble des cours d'eau tandis que les Municipalités sont responsables de ce se passe sous les ponts de leur commune.

 

Le passé historique de Carcassonne et son exceptionnelle Cité médiévale, qui attirent tant de touristes français et étrangers, mérite mieux que cela !

 

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