Jupiter à Paris

 

Une affaire de famille.

 

 

 

 

 

 

Image : mythologie-du-monde.fandom.com

 

 

 

Il y a 2.020 ans, Paris qui n'est encore que la Lutèce romaine, vit en toute harmonie avec une curieuse famille de la haute société et dont on se raconte les tribulations avec parfois un peu de crainte mais beaucoup de respect. En effet, elle a la main  sur toute la vie et son patriarche tient tête à son homologue gaulois.

 

Il s'appelle Jupiter.

 

Fils de Saturne l'irrascible et de Rhée.

 

Sauvé du courroux paternel par sa mère qui l'a confié à la chèvre Amalthée pour le nourrir, Jupiter devenu adolescent est beau, fort et séducteur déjà  invétéré en concurrence farouche avec un père qu'il expédie dans de lointaines contrées. 

 

La toute puissance ne devant pas sortir du cercle familial, comme fera Napoléon plus tard, Jupiter donne, à ses deux frères, la Mer à Neptune et la Terre à Pluton.

 

Les pouvoirs ainsi délégués demeurent néanmoins sous son contrôle ! Il est omnipuissant.

 

Déchargé des affaires courantes, Jupiter envisage de se consacrer désormais à son passe-temps favori, les femmes. Jupiter flirte. Jupiter papillonne bien qu'il ait pris épouse. L'élue se nomme Junon avec qui  les scènes de ménage sont tonitruantes. Nul ne les ignore.

 

Un premier enfant naît. Un fils. On le nomme Vulcain. Hélas la nourrice est maladroite et le laisse choir. Vulcain boîte lorsqu'il fait ses premiers pas. Qu'à cela ne tienne, puisqu'il est handicapé  on le case à la forge où les Cyclopes l'encadrent.

 

 

Jupiter papillonne toujours et des enfants naissent un peu partout. Ce sont Apollon, Diane, Mars et enfin Mercure. Le dieu bien-aimé des Gaulois qui impressionera tant Jules César.

L'histoire familiale turbulente continue et les rivalités ne manquent pas. Les Titans, demi-dieux certes mais dieux tout de même et Géants de surcroît, décident de remettre de l'ordre dans le chaos imminent. Des alliances se forment et Jupiter doit ravaler son orgueil et signer un pacte avec Neptune et Vulcain.

 

La paix revient timidement.

 

Quant à Pluton, il vit dans l'ombre. Il est l'ombre des Ombres. Dans le silence et l'obscurité, il attend les âmes des morts. Il règne sur les Enfers où Charon, le passeur,  conduit la barque mortuaire qu'il dirige plus ou moins vite, selon le prix reçu, vers les délices des Champs Elysées ou l'horreur des Enfers. Le mort porte dans la bouche une pièce de monnaie, une obole, dont le montant décide de la vitesse avec laquelle pagaie Charon afin de parcourir les cinq fleuves des Enfers menant à la destination finale. Ce sont des fleuves terribles sur lesquels les souffrances endurées par le défunt durent jusqu'à la fin du voyage. Leurs noms :

 

Achéron provoque la douleur

 Phlégéton  brûle

 Cocyte cause des lamentations

Styx répand l'horreur

Léthé inflige l'oubli.

 

On comprend mieux l'importance de l'obole offerte pour parvenir le plus rapidement possible devant Cerbère, le terrifiant chien à trois têtes qui décide de l'accès aux Champs Elysées ou à l'Enfer.

 

 

 

 

Hans Sebald Beham (1500-1550)

 

 

 

Hercule, fort et courageux, capture Cerbère.

 

 

La mythologie romaine est l'héritage de la Grèce. Les noms changent. La mythologie gauloise s'inspire des précédesseurs, tout en étant influencée par la culture celtique. Lutèce, puis notre Paris contemporain, en conservent la mémoire, facile à découvrir pour celui qui sait ouvrir les yeux !

 

 

 

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