Paris, en ce temps-là ...

 

 

Paris, en ce temps-là ...

 

     In illo tempore ...

 

Aux environs de 4.500 ans avant notre ère, une population néolithique abandonne sur la rive droite de la Seine trois pirogues retenues par des liens de cuir à des pieux en bois. L’une d’elles, exhumée lors de la construction de Bercy , en 1991, est exposée au Musée Carnavalet. Le quartier en perpétue la mémoire par la Rue des Pirogues.

 

Image : carnavalet.paris.fr/

 

La pirogue est datée de 2.700 ans avant J.C.

 

 

 

Au même endroit - bien plus tard mais il y a tout de même plus de 2000 ans - la civitas parisiorum* est un important groupement de cabanes posées sur palafittes. Ces pilotis permettent de vivre au-dessus des marais découpés qui encombrent les deux berges de la Seine et où abondent les poissons d’eau douce. La rive gauche, pourtant beaucoup moins boueuse et très verdoyante, est inhabitée. Pourquoi ?

 

Elle est sacrée.

 

La bourgade parisii occupe donc la rive droite de l’arc fluvial orienté est-ouest entre une importante colline nord et trois autres au sud. La géographie montre d’autres buttes mais ces quatre là sont tout particulièrement  vénérées. Entre les deux rives, sept iles inhabitées mais verdoyantes sont baignées par le fleuve parfois très agité.

 

Image : fracademic.com/pictures/

 

Plan établi par Strabon,

à l'arrivée des Romains

dans la Civitas parisiorum gauloise.

 

Montons tout en haut de la rue Saint-Jacques** et retournons-nous pour regarder vers le nord. En contre-bas, au-delà du fleuve et des marécages se dessine un sentier très emprunté qui, sur 4 kms, mène à la colline nord (130 m d’altitude), le Mons Mercoris. Notre Montmartre. Selon le temps, on l’aperçoit net ou estompé par le brume. C'est là que  vit Mercure.

 

Image : wikipedia.fr

 

Mercure-le-bien-aimé 

protège le voyageur

et

assure sa santé tout au long des chemins.

 

Des trois collines de la rive gauche seul le Mons Leukotecius (Montagne Sainte-Geneviève) sur lequel nous sommes maintenant (60 m de haut) a les pieds dans l’eau. La seconde colline, plus au sud, est un peu moins élevée. C'est le Mons Isoris***,  situé à 4 kms du fleuve. Il abrite en son antre, un personnage initiatique très connu, le Géant Isoré. Quant à la troisième, Mons Rubrus, environ 7 kms, elle est en pleine campagne. 

 

Dans la préhistoire, l’homme et la nature ne font qu’un et la topographie des lieux revêt une symbolique qui l’imprègne profondément. Elle l’imprègne d’autant plus que sa connaissance des éléments (quil’effraient) n’est pas scientifique !  Expérience et  transmission orale sont les seules bases de ses connaissances.

 

N’ayant d’autre référence que lui-même, l’homme personnifie les éléments. Il en fait des divinités à son image. Divinités qu'il doit apprivoiser pour assurer sa sécurité.

 

Le tonnerre, source de grande épouvante,

s’appelle Taranis.

 

Image : wikipedia

 

TARANIS - Dieu du ciel, du tonnerre et de la foudre.

 

Avec crainte et surtout beaucoup d’espoir, le parisii  pratique à l'égard de Taranis des rituels destinés à assurer sa bienveillance envers les pauvres terriens. Il lui apporte régulièrement des offrandes mais il en apporte aussi aux nombreuses autres divinités, masculines et féminines, afin qu’elles maintiennent équilibre et harmonie entre elles. Ne vivent-elles pas en famille comme les humains ?  Esus, Cernunnos, Tarvos Triganaros et les autres  ... ont chacun leur tâche et leurs attributions.

 

Image : triskele.eklablog.com

Esus, dieu bûcheron et protecteur de la forêt.

 

Ces divinités ne doivent-elles pas assurer la paix entre la Nature, qu'elles "sont", et les hommes ?  C'est ainsi que naît le sacré.

Le sacré représente le domaine de l'interdit. De l'inviolable. Du révéré. Du respect absolu.

 

La survie de l'humain.


 


 

 


* Le territoire parisii  s’étend du sud de l’Oise jusqu’à l’Essonne et Saint-Martin d’Etampes. La civitas en est le chef-lieu.

 

**  La rue Saint-Jacques correspond au cardo nord-sud construit par les Romains. Partie inférieure du plan établi par le géographe romain, Strabon.

 

*** Mons Isoris (et son illustre habitant) est l'actuel Montsouris - 14è arr. -  suivi  encore plus au sud par le Mons Rubrus qui n'est autre que Montrouge.

 

 

 

***

 

 

 

 

 

 
Type de contenu
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
J'aime

Plain text

  • Balises HTML autorisées : <a href hreflang> <em> <strong> <cite> <blockquote cite> <code> <ul type> <ol start type> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.