Surendettement et Mont-de-Piété.

 

Surendettement

 

et

 

Mont-de-Piété.

 

Depuis toujours, soucis financiers et besoin d'argent ont écrasé et écrasent encore nombre de gens de par le monde. Un "prêt contre gage" est instauré il y a fort longtemps afin  de limiter les pratiques d’usure souvent exorbitantes et réprouvées par l'Eglise. 

 

Déposer un objet de valeur, gros ou petit et expertisé sur place,  contre le prêt d’une somme d’argent plus ou moins équivalente à la valeur exacte du gage déposé est une pratique appréciée.  De nos jours, les objets électroniques ne sont pas acceptés. 

Le gage déposé est récupéré contre remboursement du prêt consenti en argent. Si ce n'est fait au bout d’un an, il devient propriété du prêteur, actuellement l’Etat par l’intermédiaire du Crédit Municipal dont la Mairie est actionnaire. La France s'est dotée de 17 Crédits Municipaux.

 

Ce sont entre 30 et 5 millions d’euros, soumis à un taux d’intérêts de 4 à 8 % ajoutés au  remboursement du crédit alloué, qui peuvent être prêtés. Le gage remboursé a la possibilité d'être récupéré à tout moment.

Dans le cas contraire, l’Etat devient propriétaire de l’objet déposé qui rejoint une collection vendue ultérieurement aux enchères publiques et dont le profit entre dans les caisses publiques. Le Crédit Municipal de Paris accorde environ 60 millions de prêts par an sur un total national de 230 millions.

 

 

 

 

Classement des dépots.

 

A Paris, le Crédit Municipal est créé par Théophraste Renaudot (1586-1653) sur l’Ile de la Cité en 1637.

 

Par manque de soutien, le Mont-de-Piété* dont c’est le nom à l’époque de sa création, disparait en 1644 pour être réintroduit au 18è s. en raison de l’augmentation de la pauvreté mais surtout de la demande  d'intérêts excessifs de la part des usuriers. On les appelle les milans**.

 

En 1777,  Richard Lenoir, Lieutenant de police de Louis XVI, transfert l'Institution dans le Marais, dans l’ancien Couvent des Blancs-Manteaux, construit sur les  ruines de l’enceinte de Philippe Auguste détruite à cet endroit précis en 1535. Il en reste les marquages au sol dans la cour.

 

 

 

 

Image :  paris-promeneurs.com/

 

 

Actuellement le Mont-de-Piété est toujours dans le Marais - au 55, rue des Francs-Bourgeois***  (4è ar.).

 

 

 

 

Image :  paris-promeneurs.com

 

M° Rambuteau ou Hôtel de Ville

 

La pudeur, la gêne sinon la honte empêchent de dire qu'on a recours au  Crédit Municipal, le Mont-de-Piété tel qu’il était il y a peu. Sans doute encore moins Mont-de-Pitié, ce qui serait plus exact ! Quant à "Mont" (rien à voir avec une colline)  il est d'origine  italienne  puisque "monte" est "une somme due".

 

Pour biaiser, on va plutôt « Chez ma tante ». D'autant plus astucieux qu’au 17è s., les Belges infortunés disent volontiers que ‘leur oncle’ leur a prêté de l’argent. Plus noble que d'avouer "prêteur sur gage" !

 

On peut aussi « porter au clou » ... censé être le clou auquel jadis on suspend  les objets en attente.

 

 

  • * C’est  en 1577, que le premier Mont-de-Piété de France est créé sur le domaine pontifical d’Avignon.  En cela, il s’inspire du premier lieu d’aide caritative destiné à contrer l’usure, le Monte di Pieta qu’ouvre le moine italien Barnabé di Terni  en 1462.
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  • ** Dans une courte voie de 164 m.,  rue des Ecouffes, appelée aussi rue des Milans, on y voit au moyen-âge une  splendide enseigne de rapace, le milan dit  escofle ou escouffe en vieux français.
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  • L'oiseau de proie est le symbole des usuriers juifs confortablement installés près de la rue des Lombards, banquiers italiens arrivés de Milan pour remplacer les Templiers. En effet, ce sont eux qui prêtent au roi d'importantes sommes d'argent jusqu'à leur extermination au début du 14è s. 
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  • *** Au 13è siècle, les tisserands sont installés dans la rue des Poulies. Pour sécher, les draps sont suspendus en travers de la rue et remontés à l'aide de poulies.
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  • En 1334 y sont ouvertes des "Maisons d'aumônes" destinées à des personnes  affranchies de taxes en raison de leur grande précarité par absence totale de ressources.
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  • Ce sont des francs-bourgeois.
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  • L'une de ces maisons caritatives est transformée en hôpital  dédié à ces bourgeois  miséreux. On le nomme la   " Maison des Francs-Bourgeois ". La rue prend alors le nom de rue des Francs-Bourgeois.
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  • En 1789, elle devient rue des Francs-citoyens. Le terme précédent de "bourgeois" ne signifiait pourtant que l'  "habitant du bourg", sans aucune idée de hiérarchie sociale.
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