
Le chaton !
Miaou … miaou … Qu’il est mignon ce petit chat de trois semaines au poil tigré beige. Des yeux -verts et d’adorables petites oreilles roses. Un minois à craquer.
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On peut l’appeler Pompon ? demande mon fils à qui il est destiné.
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Allons-y pour Pompon !
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Et voilà notre jeune Pompon qui – sans rien dire – élit domicile dans la capuche du duffle-coat de même couleur, jeté là en arrivant de l’école. On le voit à peine ! Et s’organise sa nouvelle petite vie ! Il est chaque jour de sortie avec son jeune maître, tenu tout de même en laisse, on ne sait jamais ! Dans son sac à dos bien confortable, il fait connaissance avec le monde.
De retour à la maison, son lieu d’élection est un coussin posé sur une chaise basse. Il dort beaucoup. Comme tous les bébés d’ailleurs. Le bonheur sans doute. Il dort si bien qu’il lui arrive de tomber de la chaise. Il se détend et … plouf ! Pas même surpris
le minou.
Par contre, se pose un petit problème.
Il lui faut remonter sur la chaise. Et comme il est courageux, il fait des efforts … mais en vain.

Alors, tout confiant il accourt près de nous et nous regarde.
- Dis … tu m’aides ?
Irrésistible !
A peine déposé sur son lit encore chaud, il poursuit son petit somme.
Seulement voilà … en dormant si profondément, il ronronne. Il ronronne fort. Très fort.
Déformation professionnelle … je m’inquiète. Pompon est « encombré » dit-on en jargon médical. Il a une bronchite. Son cœur bat très vite. Il est chaud. Il a de la fièvre.
Le diagnostic posé, j’interviens aussitôt. Attrape notre minou et, lui ouvrant la bouche, y glisse des cuillères d’eau sucrée et d’aspirine. Surprise mais docile, la brave bête avale puis … se rendort. Et ronronne encore ! Dans peu de temps il sera guéri. Patience !
Le lendemain, je raconte l’aventure aux collègues. Et là, fou-rire général. Je ne comprends pas.
- Il ronronne, me dit-on en me tapant sur l’épaule. C’est un chat ! Un chat ronronne quand il est bien ! Il n’est pas malade ! Seulement heureux.
Ah oui ? Ben, voyez-vous, je n’ai jamais eu de chat. Seulement des chiens et eux … ils ne ronronnent jamais !
On apprend à tout âge, n’est-ce pas ?
Maintenant, je sais et ce n'est pas Madame Léonor Fini, " La Dame aux chats ", qui me contredira ! !
Un peu vexée tout de même d’une telle lacune, je me suis précipitée pour me documenter !
Et j’ai appris que les scientifiques ne sont pas d’accord ! Je vais donc devoir choisir entre deux théories concernant l’origine du bruit de ce ronron. Ou bien il est dû à la contraction rapide des muscles du larynx et du diaphragme, contraction qui fait vibrer ses cordes vocales quand il inspire et expire, ou bien il est causé par la vibration du ligament de l’os hyoïde reliant sa gorge à la clavicule. Deux fois par minute, la glotte, en se déplaçant, obstrue le conduit vocal créant une pression qui force les cordes vocales à s’ouvrir. L’air s’y engouffre et … Pompon ronronne ! Les deux théories me conviennent, je ne vais donc pas choisir. Je comprends que c’est une question de circulation aérienne !
*
Le chat ronronne pour montrer son intention pacifique face à d’autres chats ou vis-à-vis de l’homme. Il avertit qu’il est dans une disposition non agressive !
Qu’il se frotte à ses jambes en ronronnant très fort ? Il demande quelque chose. Notamment des caresses. A ce moment précis - car c’est lui qui décide – il a envie de se blottir sur les genoux de son maître. Pas uniquement son maître d’ailleurs. Il choisit toute personne bien intentionnée à son égard et surtout … qui lui convient !
Il se peut aussi qu’il ronronne parce qu’il est stressé ou souffrant. Ses vibrations se transmettent alors à des éléments sensoriels à fleur de peau. Ceux-ci déclenchent une production d’endorphines destinées à l’apaiser. Des endorphines indispensables pour calmer son stress, ou sa douleur, et lui apporter le bien-être dont il manquait ... et de nouveau il ronronne ...
Voilà. Dorénavant, je sais que les chats, même vigilants, ronronnent. Je sais aussi comment et pourquoi !
Miaou, miaou !
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