Hugues Capet vient de mourir. Son fils, Robert lui succède et, amoureux de sa cousine Berthe*, il l’épouse en 998 malgré l’interdiction de l’Eglise. Il est immédiatement excommunié. Pire, le royaume est « mis en interdit » et tous les fidèles du roi lui tournent le dos.
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Peinture de l'artiste LAURENS - 1875 -
Le désespoir de Berthe de Bourgogne.
Musée d'Orsay - Paris.
Le roi n’a d’autre solution que de congédier Berthe du château où ils demeurent dans le péché. Cette bâtisse sinistre, et isolée à la sortie de Paris, effraie le peuple par l’opprobre déplorable où se trouvent son souverain et toute personne qui l'approche.
Chacun imagine, entend et y voit, jour et nuit, fumées, démons et satanies surgir des broussailles qui entourent la demeure. Les parisiens terrorisés évitent de l'approcher.
Cependant, les femmes, qui cheminent vers Moque-Souris** acheter de la farine aux moulins à vent, sont mortes de peur. Il n'est d'autre passage pour s'y rendre et celui-ci est vite appelé «Chemin d’enfer» et voué au diable.
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Porte d'Enferpuis Porte Saint Michel sur le plan de Truschet et Hoyau de 1550.
De là, naît laPorte d’Enferde la muraille que Philippe Auguste fait construire quelques décennies plus tard. Y fait suite laRue d’Enfer dont il nous reste la fin, renommée Rue Denfert -Rochereau en 1858.
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Tracé de l'enceinte en noir avec ses tours et ses portes.
Un peu loin, en direction de Moque-Souris et le sud, c'est la Barrière d’Enferqui devient, au 19è s., le carrefour de la Place Denfert-Rochereau dont le choix du nom serait dû à un curieux calembour municipal !
Comme il n'est pas de hasard, on peut légitimement en douter et se poser des questions !
Mais revenons au roi, catastrophé et terrorisé d’être puni par le Pape. Humilié par le jugement et le rejet de ses sujets. Son salut passe désormais par le rachat de son péché : le dévouement total à l’Eglise, de nombreux pèlerinages, une grande piété et un mode de vie exemplaire.
Il devient Robert-le-Pieux et meurt en l’an de grâce 1031.
*Berthe n'est la cousine du roi qu'au quatrième degré. On sait maintenant qu'il y aurait eu peu de conséquences sur sa descendance éventuelle ! Cependant, les lois de l'Eglise sont incontournables même et surtout pour un souverain. L'Eglise est plus puissante que lui.
** Moque-souris : la douce colline du Mons Isoris, est rebaptisée ainsi en raison de l'invasion des rats et souris appâtés par le grain des nombreux moulins.
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" Les moulins jumeaux "de J.B. Corot.
Lefief de Moque-souris se trouve dans ce qui est devenu le 14è ar. de Paris. Il serait situé entre la rue du Commandeur et les rues Sarrette et de la Tombe-Issoire.
Pour s'y rendre on doit, à l'époque, emprunter le redoutable Chemin d'enfer.
Il faut remonter aux Lupercales romaines, qui se tiennent à la fin de l’hiver, pour y trouver une origine sérieuse, païenne et d’apparence peu romantique mais néanmoins symbolique. Les Lupercales sont symboliquement destinées à chasser l’hiver pour que la vie renaisse avec le printemps.
Entre le 13 et le 15 février, un bouc est sacrifié dans la grotte où la louve aurait allaité Romulus et Rémus. Les jeunes gens se badigeonnent de son sang et courent demi-nus après les jeunes filles pour les frapper avec des lanières de peau de chèvres. Ils sont censés les rendre « fécondables » puis ... ils tirent au sort le nom de celle qui sera la partenaire de chacun le reste de l’année.
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Image : saintvalentin.org
Les luperques abordent également les femmes enceintes afin de leur permettre d'allaiter leur enfant.
A la même époque, au 3è siècle, l’Empereur romain interdit aux jeunes soldats de se marier afin qu’ils soient plus fidèles au combat et ne désertent pas. Valentinus, un prêtre* catholique, enfreint la loi et les marie en cachette. Il est décapité le 14 février. D’où son nom accolé à la fête des amoureux. Mais, avant de mourir, le Valentinus en question aurait envoyé une lettre à sa bien-aimée, signée Ton Valentin !
Au moyen-âge, les anglais fêtent les amoureux le 14 février, convaincus que c’est le jour choisi par les oiseaux pour s’accoupler.
En France, à la même époque, après les processions, les jeunes gens jouent à cache-cache et chacun trouve sa chacune.
Le 19è siècle voit les coutumes évoluer. Les petits mots doux, les cartes amoureuses appelées Valentines sont la tradition et, aux Etats-Unis, on en envoie à toute personne qu’on aime bien.
En 1868, des reliques de Saint Valentin sont déposées dans une petite ville du Gard, Roquemaure. Les reliques apportées de Rome par un riche vigneron sont destinées à guérir du phylloxera les vignobles de la région ! L'histoire ne dit pas si elles furent efficaces ...
En Asie, à Taïwan, selon la date de la première pleine lune du calendrier fixant celle du Nouvel An, la Fête des Lanternes arrive deux semaines plus tard et correspond à notre Saint Valentin.
Il y a environ 2.000 ans, en Chine, sous la dynastie Han, jamais une femme n’est autorisée à sortir de la maison.
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Image : wikipedia.fr
Poterie peinte. Dynastie Han. Femme en train de danser en agitant les manches de ses habits de soie. De plus, traditionnellement, un couvre-feu règne durant toute la nuit. Cependant, il est levé le jour de la Fête des Lanternes et ... l’occasion est trop belle pour les jeunes gens de se rencontrer à l’extérieur, et peut-être un peu plus librement.
Alors pour eux, la Fête des Lanternes se transforme en fête romantique attendue avec fièvre pendant toute l'année.
Le Festival lui-même date de l'époque où l'on croit encore fortement à la présence des esprits. A la première pleine lune du calendrier, des centaines de lanternes sont lâchées dans le ciel à leur rencontre et une compétition s'organise pour récompenser la plus belle.
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Image : taïwan-road.fr
A l’origine, les fêtes du Nouvel An terminées, la Fête des Lanternes prend le relai et confirme que l'année passée, le passé sont résolument derrière soi.
Les festivités du Nouvel An ont duré 15 jours. C'est alors que la flamme des lanternes allumées partout y compris dans les maisons, éclaire la nouvelle année et rejette dans l’ombre la précédente afin de l’oublier.
La chance est sur le point d'arriver !
Est-ce pour cette raison que les festivités chinoises de Nouvel An se répandent dans le monde ? La France n'y fait maintenant pas exception et rivalise de débauche de couleurs et de lumières en organisant des spectacles grandioses et inhabituels.
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Image : pyrros.fr
Formé d’une structure métallique recouverte de soie peinte à la main, un dragon gigantesque flotte sur l’eau lors de la Fête des Lanternes de Blagnac, en Occitanie, dans le département de Haute-Garonne.
Il y a bien des siècles, Paris a eu son Dragon qui terrorisait tout le quartier des Gobelins ... et ce n’était pas pour le Nouvel An !
Promenons-nous sous les portiques qui longent le forum et protègent les passants de la pluie ou du soleil.
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Portiques adossés aux murs du Forum de Lutèce.
Attention ! Prenez garde à ne pas tomber !
Au bord du trottoir, il y a un caniveau profond qui emporte les eaux de pluies lors des orages, eaux mêlées de feuilles car la verdure est toujours très dense sur le Mont Leucotecius (Montagne Sainte-Geneviève). Des arbres, des vignes, des vergers, des cultures….
Admirez la souplesse des femmes - minces et élégantes - la coiffure juchée sur le sommet du crâne - vêtues de tuniques vives droites ou ceinturées d’anneaux. Elles arborent colliers et bracelets assortis en pâte de verre coloré …
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Dans leurs paniers, elles déposent leurs achats.
Voyez les éventaires de fruits et légumes pesés sur la fameuse balance … romaine.Sur les étals ... les assortiments de vaisselle, tissus, bijoux, sandales et puis voici des calames et des encriers … plus loin, des étals de poissons, viande, céréales, bière et vin, etc.
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A l’angle du decumanus*, ce sont des objets décoratifs, des ex votos et des objets de culte destinés aux divinités du laraire**familial. D’ailleurs, dans ce petit temple miniature, on trouve maintenant des divinités nouvelles que les Gaulois ont adoptées sous l’influence et la patience de la diplomatie romaine.
Ces statuettes de divinités sont d’une finesse qui étonne le Gaulois habitué à la grossièreté maladroite des siennes. Dans l’esprit et leurs attributions, elles sont aussi un peu différentes mais il tente de s’y adapter et pourtant ... l’abstraction que représente la Déesse de la Fertilité ou de la Raison lui semble bien difficile à comprendre ! Il est plus à l’aise avec Mithra qui arrive au 4è s., honoré dans le castrum militaire d’Arpajon où l’on pratique des rituels sanglants sur un taureau. Et cela, il le comprend plus facilement !
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Image : wikipedia.fr
Un groupe bruyant d'hommes nous dépasse. Ils portent des torques autour du cou. Plus ou moins gros, en fer ou en argent sinon en or.
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Le torque est un collier déjà arboré dans l'Antiquité, à titre honorifique, par les guerriers celtes et gaulois. Il disparaît peu avant la décadence romaine.
Arrêtons-nous enfin devant l’étalage de cette Romaine ou Gallo-romaine - qui vend de superbes coussins suspendus aux poutres de l’auvent. Des coussins brodés sur soie et destinés aux lits bas où l’on tient conversation dans les maisons patriciennes. Patriciennes uniquement, bien sûr.
* Decumanus : voie est-ouest perpendiculaire à la voie nord-sud du cardo. Le cardo étant la rue Saint-Jacques.
** Laraire : temple miniature de chaque maison gauloise et romaine contenant quelques statuettes de divinités principales de la vie quotidienne.
Un arc-en-ciel est dans certaines religions considéré comme un signe d'alliance et d'apaisement.
L'apparition d'un arc-en-ciel est toujours vécue, mais pourquoi, comme un moment agréable et paisible, sinon émerveillé. Pourtant phénomène physique banal puisqu'il s'agit seulement de la réfraction* de la lumière des rayons solaires dans les gouttelettes d'eau en suspension dans l'atmosphère. Condition indispensable pour qu'il se produise, toujours face au soleil, dans un ciel où les vents sont faibles.
Si nous sommes émerveillés nous ignorons souvent que nous n'en voyons que la moitié ... car l'arc-en-ciel est en réalité un cercle. Celui-ci n'est visible que d'une hauteur, dégageant du regard tous les obstacles d'une ville, par exemple. De même, l'horizon constitue un barrage et coupe le cercle en deux.
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Photo de Lukas Moesch - Norvège sept. 2022
Image : futura-sciences.
L'idéal est de se trouver en hauteur, au sommet d'une montagne, en avion ou en hélicoptère. Ce qui fait que voir un arc-en-ciel entier est rare. Par contre, il n'est pas rare de le voir double ou triple, bien qu'il le soit toujours ... mais l'intensité du second et du troisième est parfois si faible qu'il en est presque invisible !
Le second est deux fois plus grand que le premier dont il est séparé par une bande sombre parce que peu de rayons solaires peuvent passer.
Il est intéressant de noter que les couleurs de ces arcs, doubles ou triples, sont inversées par rapport au premier !
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Image : futura-sciences.com
Sur le premier, le bleu est à l'intérieur et le rouge à l'extérieur ce qui est l'inverse sur le second tandis que les couleurs du troisième sont disposées comme sur le premier. La lumière solaire subit une double réfraction, sous deux angles différents* et c'est ce qui diminue la luminosité du second.
En Orient, si l'on a la chance de voir un arc double, on considère qu'on sera gâté par la chance qui favorisera une transformation positive de la personne : matérielle, grâce au premier arc et spirituelle avec le second.
L’arc peut être blanc.
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Sur les hauteurs de Grendelbruch.
Photo de Pascal Barthel. Image : 2dna.fr/
Pour cela, il faut que les gouttelettes soient beaucoup plus petites, aussi microscopiques que celles du brouillard, du célèbre fog londonien.
* La réfraction de la lumière dans un milieu hétérogène est incurvée. Elle se fait sous un angle de 40° pour le premier et 50° arc.
La réflexion se fait un ligne droite si le milieu est homogène.
De nuit, lorsque sous la lune apparaît un arc-en-ciel, c'est l'étonnement le plus complet.
La "nature" est un "ensemble" qui vit intensémentparce que soumis à changements et modifications multiples ... donc en évolution constante pour une adaptation permanente et une survie instinctive !
La nature est comme les organes du corps humain qui influent les uns sur les autres, s'usent avec l'âge et s'éteignent pour devenir "poussière" organique ... et réintégrer la "nature", le cosmos, engendrer une nouvelle forme de vie .... etc ...
La nature n'est pas statique. Figée dans un état immuable. Eternel. Bien au contraire ! Chaque composant, chaque élément, quelle que soit sa taille, oeuvre pour la maintenir en équilibre "vital". Le ver de terre creuse, aère le sol qui se nourrit ainsi d'air, d'oxygène, d'humidité, de photosynthèse .... et se fait productif, alimente d'autres êtres vivants ... Cycle millénaire ... utile. Indispensable.
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Image : francetvinfo.fr
La Nature est composée d’êtres vivants. Etres vivants de la faune, êtres vivants de la flore. En surface, en profondeur. Parfois invisibles. Les humains en sont-ils vraiment différents ? Certainement pas.
Etre en empathie avec la Nature nous la fait mieux connaître du seul fait que nous nous en sentons physiquement, intellectuellement, spirituellement partie totalement, irrémédiablement intégrée, indissociable.
Etre en empathie devrait nous amener à avoir un comportement intelligent, responsable afin de ne pas altérer son fonctionnement, son équilibre, ses ressources sans lesquelles l'être vivant ne peut survivre.
La conséquence ultime ? Engendrer sa destruction et celle de tout le système qu'elle sait si bien gérer ! L'organisation de la vie.
Et pourtant, l'humain dispose de la pensée*, de la parole ! Hélas ... c'est de là que le malheur arrive ...
Les humains sont-ils réellement les seuls à penser ? Ils sont les seuls à le croire. Les seuls à déséquilibrer la Nature. Profit. Appât du gain. Egoïsme. Deni.
Les êtres vivants, non qualifiés d'humains, tout en constituant une société spécifique à chaque espèce, vivent en symbiose avec les autres sociétés. Cette symbiose assure l'équilibre particulier et commun.
L'interconnexion de chaque espèce avec l'environnement, avec chacune des autres espèces et de toutes ensemble, l'interconnexion entre leurs affinités et leur mode de vie, assurent la pérennité de vie grâce au dynamisme engendré à travers l'environnement : l'air, l'invisible, les astres, le cosmos .... l'univers ...
Par contre, l'amibe, être unicellulaire le plus élémentaire dans la chaine vivante n'attend rien du soleil ou des astres. Elle sait qu'elle doit chercher sa nourriture dans l'eau ... mais tout n'est-il pas lié ?
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Amibe, être vivant unicellulaire.
Quels sont les liens entre l'homme et la Nature avant la connaissance ?
In illo tempore ... En ce temps là ... bien avant que la science ne découvre l'infiniment petit, l'homme, qui ne sait rien, éprouve déjà crainte et respect pour la Nature. Il assimile chaque élément à ce qu'il connaît : un autre humain, homme ou femme, qui a certainement des pouvoirs sur-humains qu'il ne possède pas lui-même.
Des divinités avec qui il doit être agréable pour qu'elles lui soient favorables et protectrices.
Si les éléments, souvent terrifiants, comme le vent, le tonnerre, la mer ... sont des divinités mâles, la terre est souvent une femme par analogie avec la vie donnée par la mère.
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Image : geoconfluences.ens-lyon.fr
Gaïa, déesse de la mythologie grecque.
Geb, dieu égyptien y fait exception. Dieu de la terre, de la végétation et des minéraux, allongé sur le sol, il se prosterne et vénère la terre nourricière.
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* On veut croire, comme on l'a toujours fait, que seul l'homme est capable de penser. Qui peut le prouver ? Un animal ne pourrait-il avoir une autre forme de pensée que nous ignorons, (ou voulons ignorer du fait de notre supériorité légendaire) et qui se traduirait autrement que par la parole ? Le regard de certains animaux n'est-il pas troublant ?
Le Gaulois parisii a toujours été en symbiose avec la Nature dont la végétation était foisonnante sur son territoire traversé par la rivière sacrée, Sequana, la Seine.
Sur la rive droite, marécageuse, la bourgade habitée de Celtes mâtinés de Gaulois, vit de chasse, de cueillette et de pèche. Malgré quelques bagarres, le Gaulois a le sang chaud, la population vitsa mixité aussi bien que possible.
Comment ?
Des prêtres, appelés druides - Les Très Sages - sont omniprésents dans la vie quotidienne. Le Gaulois a le sang chaud ! Les druides arbitrent les différends avec fermeté, sagesse et justice car, les conflits ne manquent pas. Garants de la cohésion sociale.
A la maison, leur pouvoir est renforcé par les Dieux Lares - protecteurs du foyer - réunis dans le Laraire, temple miniature présent dans chaque famille gauloise et posé bien évidence.
Ci-dessus : Restes d'un laraire retrouvé dans une petite niche, en 1863, à Rézé, l'ancienne Ratatium gallo-romaine. A l'époque, ancienne cave d'un potier.
Regardez les enfants assis par terre.
Ils répètent tous ensemble. Ils récitent une leçon comme le font de nos jours les petits africains qui psalmodient les versets du Coran. Ils apprennent – sans jamais écrire. Les prêtes connaissent l’écriture et notamment l’écriture grecque mais ils estiment que la parole fixée est morte. Détenir un savoir inaccessible aux non initiés conforte leur pouvoir ! Un druideapprend aussi aux plus petits qu’ils ont tous le même Père, Dis-Pater, dieu du soleil, de la mort et de la nuit. Il préside à la métempsychose. On le représente avec une roue enflammée.
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Dis Pater gaulois.
Plus loin, sous un arbre,
nous apercevons d’autres Druides.
Ils soignent des malades par phytothérapie car ils ont une très grande connaissance des plantes et concoctent des potions, toujours magiques. Magiques parce qu’ilsen gardent jalousement le secret !
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Image : jardinet.fr
La nature est si exubérante et si bien respectée que toutes les variétés (dont bon nombre a aujourd’hui disparu) foisonnent. Aucun pesticide n’en altère qualité et efficacité. Une vraie manne de santé à laquelle s’ajoute le gui, parasite porté par les chênes, et dont la cueillette est effectuée uniquement par un druide tant il est sacré.
On utilise le gui en prévention des crises d’épilepsie. Ne poussant qu’en hauteur et sans jamais toucher terre, le gui empêche donc l’épileptique de tomber lors d’une crise ! Référence donc à la Théorie des signatures qui repose sur le fait que telle plante, de telle forme, telle couleur ou particularité, évoque plus ou moins un organe du corps humain. Elle doit donc tout naturellement soigner ce même organe lorsqu’il est malade.
On comprend alors mieux la sacralité qui s’attache au gui quand on constate qu’en plus, ses baies blanches contiennent une substance laiteuse. Il n’en faut pas plus pour que celle-ci guérisse la stérilité masculine ! Toujours l’évocation symbolique !
Les Parisis, sont une tribu gauloise qui vit sur un vaste territoire sur lequel sera construit Paris. Leur chef Camulogène est soumis, malgré lui, à la présence romaine en -51 avant J.C., par le Général romain Labienus.
Les Kurdes sont un immense groupe ethnique qui représente 35 millions de personnes sans patrie véritable officielle. Actuellement, ils sont en majorité répartis, dispersés et victimes des dictats politiques entre 4 pays frontaliers : la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie. Mais ils sont aussi présents en Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie et Turkménistan, Liban et Afghanistan sans compter les pays européens et l’Australie.
Des 4 pays concernés, seuls deux leur reconnaissent officiellement une « Région » (à défaut d'Etat) : l’Irak et la Région Autonome du Kurdistan ainsi que l’Iran et la Province du Kurdistan.
Turquie, Syrie, Iran et Irak ne se comportent qu’en potentiels "propriétaires" du territoire kurdistan que chacun considère comme propriété légitime après l’avoir dépecé et annexé suite à la Première Guerre Mondiale. Tous les quatre sont évidemment de farouches adversaires à l’existence et la reconnaissance d’un authentique Etat kurde.
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Image : institutkurde.org
Image : institutkurde.org
De religion majoritairement sunnite et tolérants des autres croyances, les Kurdes parlent de nombreux dialectes tous issus de leur langue originelle iranienne. Ils sont très proches de la culture occidentale et montrent une grande égalité entre les deux sexes, reconnaissant indifféremment, depuis toujours, les mêmes tâches aux hommes ou aux femmes.
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Image : bienpublic.com/actualites/2019
YPJ - Milice kurde,
"Unité de défense de la femme".
Cette égalité homme-femme a créé une solidarité et une entraide naturelles parfaitement illustrées dans la lutte commune contre Daech, la mixité augmentant la force et la capacité de résultats positifs des armées kurdes.
La richesse des coutumes et du folklore kurdes est due à l’impressionnante diversité des groupes et de leurs lieux de vie. A travers les chants, les contes mythologiques emplis de chimères et d’animaux extraordinaires, ils se sont transmis des enseignements éducatifs et religieux, des modes de survie intelligente ou rusée* qui furent vraisemblablement d'une grande aide pour leur survie.
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Image : kurdishinstitut.be
Semaine culturelle kurde à Bruxelles.
De source sûre, la culture kurde, très vivante jadis dans le Kurdistan montagneux, remonte au 6è millénaire avant J.C. Elle subit une très longue série d’invasions de tous les peuples de la région avant que Turcs, Arabes, Mongols, Français et Britanniques n' oppriment les tribus sans jamais les expulser.
Depuis 1980, la lutte entre le PKK (Parti des Travailleurs Kurdes) et la Turquie ainsi que les exactions de toutes sortes contre les populations ne cessent d’être dénoncées par les ONG. Sans résultat puisque les Kurdes sont déclarés par l’actuel Président comme n’ayant officiellement pas les mêmes droits que la population turque.
Le Grand Kurdistan, rêve national kurde, aura bien du mal à s'imposer tant les enjeux sont gigantesques et les pays voisins fermement opposés à son existence.
Lors de notre promenade dans le Paris mythique, nous sommes arrivés sur le Carré Sainte- Geneviève, ainsi qu’on le nomme au moyen-âge.Revenons au temps passé.
A l’emplacement du lycée Henri IV, la basilique mérovingienne de Clovis, édifiée au 6è s., et où Sainte-Geneviève est inhumée, est entretenue par des abbés, mais dévastée par l’une des nombreuses invasions de Vikings* quelques siècles plus tard. Sur les ruines, est bâtie une abbaye appartenant à l'ordre de Cluny. Au 18è s., sur ordre royal de Louis 15, une église monumentale comportant une vaste crypte, est construite par Soufflot à l'extrémité du terrain des abbés.
Elle est devenue le Panthéon de Paris.
De l'ancienne église abbatiale démolie au début du 19è s. pour percer la rue Clovis, est conservé le clocher, la Tour Clovis. Les anciens bâtiments conventuels des 16è et 17è s. abritent le Lycée Henri IV.
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Abbaye au 18è s.
Image : cosmovisions.com
Revenons au temps passé.
Devant nous ... l’abbaye ... les moines bénédictins, livrés à la débauche et aux facéties de mauvais goût (que des lettrines de manuscrits illustrent sans gêne), sont remplacés au 12è s. par des chanoines séculiers qui ont pour mission de veiller sur la châsse de Geneviève.
Cette châsse a été commandée à l’orfèvre Eloi par le Roi Dagobert au 8è s. Elle est déposée dans l’église abbatiale. A la Révolution, la châsse est fondue, les restes du corps sont brûlés et les cendres dispersées dans la Seine. Au 19è s., une seconde châsse lui est offerte, dans laquelle on place un fragment** retrouvé du tombeau d’origine.
Dès que la muraille de Philippe Auguste est érigée, au tout début du 13è siècle, elle isole l’abbaye du cœur de la capitale. Les chanoines érigent des murs, incluant habilement dans leur enclos les habitants afin qu’ils les protègent. C’est le Bourg Sainte-Geneviève, capable de vivre en autarcie de par son élevage et ses cultures.
L’abbaye s'entoure de services économiques qui se renforcent avec l’aménagement du bourg lorsque la muraille les isole de la ville. Fermes, écuries, étables, maisons d’habitation, vergers, cultures maraîchères, vignes, moulins. Le bourg est clos, les temps sont toujours incertains mais cela ne l’empêche pas de devenir vite florissant.
L’enseignement né dans le Chapitre Notre-Dame s’étend sur le rive gauche au Clos de Laas (place Saint André des Arts et rue au Fouarre ou rue au foin) et ne tarde pas à gagner l’abbaye. Là, s’illustre un certain Abélard, bien connu pour ses amours coupables avec Héloïse qu’il épouse et enferme dans un couvent après avoir été honni et châtré.
… La colline se peuple et retentit d’étudiants et de maîtres mais l’église abbatiale se fait exiguë. Des turbulences procédurières caractéristiques de l’abbaye, connue pour ses multiples frasques, repoussent à 1517 la construction de Saint Etienne du Mont, destinée à jouer le rôle d’église de quartier.
L’abbaye, qui n’a de compte à rendre qu’au pape, vit d’une manière assez particulière ! Au Moyen-âge, ferveur et lubricité font assez bon ménage ! Les abbés se livrent à des farces grossières et déplacées qui nuisent fortement à leur bonne réputation. Forte de son indépendance vis à vis du chapitre Notre-Dame, tout comme de la puissance royale, l’abbaye “s’anonchalisse dans les délices”, comme l’écrit savoureusement un chroniqueur de l’époque. Les désordres les plus grands y règnent. L’un d’eux, et non des moindres, fait scandale avec raison !
Le pape Eugène III est en visite à Paris. Il souhaite dire une messe dans l’église qui abrite les restes de la Sainte Femme protectrice de la ville. Rien de plus légitime. D’autant que l’abbaye détentrice de la chasse est sous sa seule autorité !
Sa suite lui installe un prie-Dieu recouvert d’un riche tapis afin qu’il puisse se recueillir confortablement. A la fin de la cérémonie, le pape sort de l’église. A peine est-il sur le parvis, que les abbés subtilisent le tapis avec une vélocité idiote. Les gens du pape tentent de le reprendre au cours d’une bagarre qui fait tant de bruit que le pape, et le roi Louis VII qui l’accompagne, se retournent intrigués. Le roi entre dans une colère noire. Il tente de séparer les belligérants et reçoit un coup malencontreux.
Le scandale est à son comble. La honte du roi, également.
Immédiatement, le pape décide de réformer l’abbaye et d’en confier la charge à Suger***. Les abbés sont expulsés ...
Malgré leur inconduite, ils ne se tiennent pas pour vaincus. Ils se rendent à Rome, se plaignent et supplient le pape de revenir sur sa décision. Qu’à cela ne tienne, douze chanoines de l’abbaye Saint Victor, fondée en 1108 par Guillaume de Champeaux, ami puis adversaire d’Abélard, prennent possession des lieux. Un Prieur dirige la communauté, vite remplacé par un certain Aubert sous la direction duquel éclate un second scandale.
Nous sommes en 1161.
Le bruit court dans tout Paris que la tête de Geneviève a disparu du cercueil enfermé dans la châsse. Louis VII s’insurge. Il n’a aucune confiance en cette abbaye à problèmes. Par mesure de méfiance bien légitime, il fait poser en hâte des scellés sur la châsse de crainte qu’une nouvelle tête n’y soit introduite. A la date prévue pour vérifier l’accusation portée par les abbés, l’église abbatiale est bondée de fidèles. Les uns armés de pierres, les autres de gourdins, ils ont tous la ferme intention de régler leur compte à ces gardiens peu scrupuleux du bien sacré.
Avec solennité, on ouvre la châsse où la vraie tête de Geneviève n’a pas bougé. Elle porte même autour du cou la pièce gravée d’une croix que l’évêque Germain lui avait donnée étant enfant.
La farce est si énorme que cette fois-ci c’en est trop. Le discrédit est total et définitif !
* L’arrivée des redoutables Normands sur leurs bateaux à tête de dragon, les drakkars, terrifie les abbés. Ni téméraires ni courageux, ils s’enfuient sous le prétexte de mettre la chasse de Sainte-Geneviève à l’abri dans leurs propriétés de campagne à Athis-Mons, puis à Draveil. Ils craignent qu’elle ne soit volée ou détruite mais surtout que ne s’éteigne la protection de Paris !
**N’oublions jamais qu’en raison du culte immodéré des reliques et des bienfaits attendus, celles-ci ont été multipliées de manière inconsidérée et distribuées unpeu partout. Ce qui veut dire que l’authenticité de nombre d’entre elles est souvent douteuse. Il n’y a que la foi qui sauve !
*** L’abbé Suger (1080-1151) est le fondateur de l’abbaye de Saint-Denis. Ecclésiastique et politique.
En ces temps là, l' aventure malheureuse d'Abélard et Héloïse ne choque qu'en apparence !
Un rêve fantasque, une absurdité, un espoir idiot ...
Regarder voler des coquecigrues !
Se bercer d'illusions.
Quand il y aura des coquecigrues ... quand les poules auront des dents ... c'est-à-dire jamais !
L'origine du terme viendrait de l'union du coq, de la grue et de la cigüe*, plante dont elle est gourmande.
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Image :fr.wiktionary.org
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Image : fr.wiktionary.org/
Cigüe toxique pour l'homme.
La grue appartient à l’une des 15 espèces de la famille des gruidés, dont 5 se sont considérablement raréfiées. Ses longues échasses lui permettent de vivre et se nourrir dans les marais où elle aime dormir sur une seule patte. La plus connue, la grue blanche, américaine ou canadienne, se nourrit de tout ce qu’elle trouve.
Grande et fine (1.50 m), blanche sauf l’extrémité des ailes et de la tête, elle déploie ses ailes sur plus de 2 m. et pèse souvent plus de 6 kg quand le mâle atteint les 7 kg 50. La puissance de son cri retentit fort loin faisant immédiatement fuir tout danger.
Peut-être est-ce l’une des raisons pour laquelle, elle fête facilement ses 20 ans et atteint la quarantaine en captivité. Ou encore, est-ce ce qui lui a permis de survivre à 60 millions d'années d’existence sur terre avant d’affronter l’homme et tous les dangers qu’il y a apportés ? A tel point qu’il doit dorénavant organiser le Whooping crane day** pour la protéger de l’extinction.
Lorsqu’elle entame la danse sautillante des amoureuses, de son bec pointé vers le sol retentit le son d’un clairon !
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Image : oiseaux.net
Danse nuptiale de deux grues royales
ou grues couronnées. Savane africaine et Sud saharien.
Son physique évoque la pureté, le calme du yin. Par contre, en langage familier, elle abandonne ces qualificatifs élogieux pour désigner la prostituée, qui, dans l'attente du client, demeure longtemps immobile sur le trottoir. Et, dans certaines cultures, elle est parfois considérée comme un être monstrueux de l’ imaginaire obscur.
Une grue blanche, simple et modeste, a de nombreuses consœurs de couleur dont certaines rivalisent d’originalité et d’élégance selon le lieu où elles vivent. Elles portent parfois un surnom dû à une spécificité anatomique comme la grue couronnée et ses aigrettes ou caronculée et son excroissance charnue sous la gorge.
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Image : oiseaux.net
Grue caronculée. Afrique.
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Image : oiseaux.net
Grue Demoiselle - ou Grue de Numidie.
Sud européen - Asie
La rapidité des mouvements du bec de la grue et son positionnement particulier, ont inspiré la Chine qui pratique un art martial appelé Fei He( Grue volante), exercé surtout dans la province du Fujian. Caractérisé par un entrainement accéléré à mains nues, doigts pointés imitant les coups de bec aux points vitaux, par un jeu de pieds rapide et sautillant, un mouvement des bras évoquant les battements d’ailes, cet exercice est l’expression d’un art, efficace mais surtout gracieux, le bai he quan ou boxe de la grue blanche.
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Image : wikipedia.org/wiki/Fujian_
* La cigüe est une plante toxique mortelle pour l'homme.
** Le Whooping crane day (18 mai) est le jour dédié, sur le continent américain, à la grue blanche afin de sensibiliser les populations à l’extinction de l’un des grands oiseaux les plus rares au monde.
La grue peut s'immobiliser très longtemps sur une patte, ce que le français tourne aisément en dérision.
Quant au coq, il se retrouve souvent dans le langage et notamment dans une expression familière bien connue dont le sens et l'origine ne sont explicables qu'à partir du vieux français.